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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 

Actualités

Commentaires sur les événements du 2ème trimestre 

(mars, avril,mai 2017)

 

 

 

Cet aperçu de l’actualité se concentre sur les affaires européennes et sur les élections françaises.

 

1) Et l’Europe dans tout ça ?

On est manifestement en présence d’une conjonction d’événements et de facteurs  qui poussent , sinon à une montée en puissance de l’Europe rapidement, du moins à une clarification des sujets  propice  à   un renouveau européen  à échéance raisonnable .

11. C’est d’abord le nouvel isolationnisme américain incarné par Trump. Dans cette vision du monde résumée en America First, l’Europe figure au premier rang  des cibles , avec notamment l’ONU. Le président ne cache pas son mépris pour l’Union européenne et il a grossièrement félicité la Grande-Bretagne d’avoir décidé le Brexit, un exemple à suivre  par d’autres pays selon lui. L’Amérique trumpienne  n’hésite pas non plus à piétiner l’accord de Paris sur le du climat . Plus grave encore car il s’agit d’un pilier du concert des nations depuis la deuxième guerre mondiale, l’Alliance atlantique elle-même est remise en cause par la Maison blanche qui a  de ce fait  conduit  les chancelleries à douter de l’engagement des USA en cas d’agression contre l’un de ses membres.

12.Confronté à cette politique de non coopération voire de malveillance, le couple franco-allemand est presque mécaniquement propulsé sur le devant de la scène. A lui de réagir et de garder l’Europe, maison commune. L’Allemagne de Merkel trouve bien sûr un allié très précieux pour cela dans le président Macron, un candidat ouvertement pro-européen pendant la campagne électorale.

13.Les menaces communes à tous les pays de l’UE, du djihadisme aux dangereuses gesticulations de la Corée du nord , sans oublier l’expansionnisme russe et l’inquiétante Turquie, amènent ces pays à réfléchir plus concrètement qu’auparavant à ce que pourrait être une Europe de la défense. Le temps est loin (1954)  où le parlement français refusait la CED, par crainte d’une  remilitarisation de l’Allemagne ! Notre voisin d’outre-Rhin, justement , évolue fortement puisqu’il vient d’augmenter son budget de défense et  parce que le tabou de l’ intervention  de  ses  forces hors de son territoire a vécu. L’énorme crise migratoire aux multiples facettes est évidement aussi un puissant facteur de recherche de cohésion européenne. Last but not least, le Brexit annoncé pousse l’UE continentale à se redéfinir, ne serait-ce que parce que la perfide Albion n’aura plus à choisir « entre l’Europe  et le grand large ».

 

2) L’imbroglio du Brexit

21. le gouvernement de Londres a notifié en mars 2017  à Bruxelles sa décision de quitter l’UE. Il l’a  fait par une lettre assez stupéfiante, tant elle constitue une déclaration d’amour à l’Europe malgré le déclenchement du divorce ! Depuis, le compteur tourne. Loin d’avoir amplifié sa majorité parlementaire pour pouvoir parler plus fort dans les négociations de sortie, le premier ministre vient de la perdre et  il s’en trouve affaibli tant en interne que vis-à-vis des 27. La confusion est grande chez les Anglais sur les tenants et les aboutissants du Brexit, tant il est vrai qu’il a été avant tout un vote protestataire. Le chef du Labour , Corbyn, présenté il y a peu comme une triste survivance d’un travaillisme à l’ancienne teinté de gauchisme attardé, devient soudain un champion de lucidité.

22.Le négociateur désigné par et pour l’UE , M. Barnier, presse le Royaume-Uni de commencer les discussions en juin 2017 en vue de les achever fin 2018, et il exige d’aborder en premier lieu les modalités du divorce puis ensuite les relations futures, sans mélanger ces deux volets. Sur le deuxième volet, il n’exclut pas a priori l’éventualité d’une absence d’accord.

23. Sortie hard ou soft ? Difficile de s’y retrouver dans le sens des mots. Et n’oublions pas que la Grande-Bretagne est le principal partenaire militaire européen de la France et de l’UE…

 

3.Les élections en France

31. On se souviendra de cette campagne électorale un peu folle, pleine de bruits et de fureurs ! La grande victoire de  Fillon à la primaire de droite et du centre puis son naufrage, les emballements médiatiques, la déliquescence du parti socialiste et puis quatre forces à peu près équivalentes au soir du premier tour de la présidentielle : Macron, Le Pen, Fillon, Mélenchon.

32. Un 2ème tour débouchant sur une large victoire de Macron, en grande partie  par défaut puisqu’il n’a obtenu que 24% des voix au 1er tour et qu’un réflexe anti Le Pen l’a puissamment servi au 2ème. Succès phénoménal cependant pour quelqu’un  sorti de nulle part ou presque, inconnu des Français un an avant.

33. Il y a quelque chose d’un peu bonapartiste dans ce recours et ce  ralliement à un seul homme, émergeant d’un échiquier politique  jeté à  terre par des vents de révolte et  de « dégagisme ». Un incroyable concours de circonstances, et aussi des causes plus profondes l’ont porté. Fin du clivage droite/ gauche ? Sans doute vrai en partie, en partie seulement. Car rassembler les progressistes de droite comme  de gauche est une feuille de route un peu courte, risquant de s’envoler sous les premières brises. C’est aussi l’aspiration à un fonctionnement moins antagoniste des institutions : l’attitude de personnes comme Bourlanges ou Raffarin est significative.

34. Par son ampleur , ce bouleversement rappelle celui de 1958 : un homme au-dessus des partis… Toutefois, la vague Macron est d’une certaine façon devenue vaguelette au 1er tour des législatives :  à ce scrutin les voix obtenues par LRM ne représentent jamais qu’un tiers de 48,7 % des inscrits. Cette abstention de 51,3 % (record absolu sous la V ème république) en dit long sur la méfiance vis-à-vis du personnel politique et de la politique en général. En nombre de sièges à l’Assemblée, le camp macroniste va gagner une majorité écrasante. Ce qui veut dire deux écueils à l’horizon : la tentation hégémonique et l’hétérogénéité. En effet, le défi pour ce groupe parlementaire pléthorique  sera  de trouver non pas tant une salle de réunion suffisamment grande (qui n’existe pas actuellement au palais Bourbon) qu’une ligne politique claire et médiane en son sein, et de laisser de l’espace politique aux autres groupes.

35. La quasi disparition du PS  était prévisible, pensent certains observateurs. Il faut  remonter à sa défaite électorale de 1993 pour disposer d’un élément de comparaison. Le parti de Mélenchon va -t-il le remplacer purement et simplement ? Le parti LR n’est pas mort mais il souffre de nombreuses fractures. Et le FN digère très mal son  propre  insuccès. Dans ce paysage dévasté, le nouveau président bénéficie nettement d’un état de  grâce ; puisse cette période  ne pas trop prendre l’allure d’un saut dans l’inconnu.

 

4) Les évêques et les élections

Les évêques  de France auraient-ils dû prendre position à l’occasion  du 2è tour de l’élection présidentielle ? C’est ce qu’ont affirmé certains, au nom semble-t-il de la morale. Etonnant retournement dans un pays bardé de laïcité  par ci, laïcité par là. S’agirait-il de revenir à des temps anciens ?

 

5) Les banques et les paradis fiscaux

Les 20 premières banques européennes ont réalisé 26% de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux non reconnus . Ce serpent de mer refait surface pour la énième fois, comme si les efforts des gouvernements et des instances internationales restaient vains. Pourtant les choses ont beaucoup bougé en la matière dans les années récentes, souvent d’ailleurs sous la pression des Américains (poursuites contre UBS et d’autres banques, loi FATCA…). L’UE et l’OCDE ont aussi œuvré. De fait, si l’ONG Oxfam a pu faire cette analyse , c’est parce que l’obligation pour les banques de déclarer leurs bénéfices par pays est entrée en vigueur en 2016.

 

Antoine Sebaux

 

 

 

 

 

 

 
Dernière modification : 24/07/2017