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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 

Actualités

Commentaire de l’actualité de mars à mai  2018

 

 

Lorsque le monde a appris les nouveaux déboires de Facebook, avec ces données personnelles de dizaines de millions d’électeurs américains aspirées par la société Cambridge Analytica (proche de Trump),  sans doute  une discrète satisfaction  de voir mis en cause ce géant  numérique s’est-elle mêlée à l’effroi  causé par  un tel  détournement. Dans la même période, Bruxelles a proposé de taxer le chiffres d’affaires des GAFA en Europe, et Bercy a décidé d’assigner Google et Apple pour pratiques commerciales  abusives.

La chancelière  Merkel a été reconduite pour un  quatrième mandat, grâce à un contrat de coalition  conclu avec le SPD. Son assise politique n’a semble –t-il jamais été aussi fragile, ce qui  ne  joue guère en faveur de la solidité européenne face aux grands défis  mondiaux. En Italie, la victoire électorale des forces anti système (le Mouvement 5 étoiles et  la Ligue) a plongé le  pays dans une  nouvelle  séquence de turbulences. Ainsi, le président de la République a mis son veto à la nomination d’un ministre trop ouvertement anti européen ; ce président attaché à la dignité et à l’autorité  de l’Etat sait de quoi il parle, lui qui entra en politique à la suite de l’assassinat de son frère par la mafia.

Le feuilleton du Brexit  n’a pas fini de surprendre. En dernier lieu, les députés tories majoritairement  pro européens ont obtenu  du premier ministre  la promesse qu’ils  garderont  la main sur le contenu de l’accord final  à venir régissant  le divorce  UK/UE .Donc, en principe, exit le Brexit dur.

Les alliés européens des USA ont critiqué la décision de Trump  de sortir de l’accord  sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec les 5 membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne. Et le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran oblige les entreprises européennes à quitter ce pays, faute de quoi elles risqueraient  fortement d’être frappées elles-mêmes par ces sanctions.

 

En France , un nouveau pas en  faveur de l’euthanasie a été franchi par le Conseil Economique et Social. A ce propos  l’archevêque de Paris a  émis  ce commentaire plein de sagesse : « dire que l’euthanasie est un soin, c’est à se flinguer ». On s’approche  maintenant  de la  délicate  synthèse de la consultation nationale que le CNCE doit rendre aux parlementaires.

Alors que le PDG d’Air France a démissionné  à la suite d’un vote de défiance  du personnel, le gouvernement a aussitôt annoncé qu’il ne viendrait pas à la rescousse de la  grande compagnie française. Celle-ci a  déjà connu tant d’écueils et de crises  dans le passé qu’on a du mal à croire qu’elle puisse sombrer comme le Titanic. Qui sait ?

La mort du colonel Beltrame, qui s’est sacrifié à la manière d’un Maximilien Kolbe, a suscité une très grande émotion nationale.  Pour la première fois  semble-t-il depuis son élection, le président de la République a été amené à qualifier  et à dénoncer les actes criminels de certains islamistes  avec des mots justes qu’on entend trop rarement .  Un homme s’est dressé  a-t-il dit « face à l’agression islamiste, face à la haine, face à la folie meurtrière, (…) face au nihilisme barbare.» Celà «convoqua aussitôt dans nos mémoires les hautes figures de Jean Moulin, de Pierre Brossolette, des Martyrs du Vercors et des combattants du maquis(…).Le camp de la liberté, celui de la France, est confronté aujourd’hui à un obscurantisme barbare, qui n’a pour programme que l’élimination de nos libertés et de nos solidarités. »

Dans une formulation très proche des paroles prononcées par l’archevêque de Paris  lors des attentats de 2015,  le président a ajouté : «  Les atours religieux dont il se pare ne sont que le dévoiement de toute spiritualité, et la négation même de l’esprit. Car il nie la valeur que nous donnons à la vie. Valeur niée par le terroriste de Trèbes. Valeur niée par le meurtrier de Mireille Knoll, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive, et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire. »

Elargissant son propos, le président a poursuivi  en ces termes : « Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daesh, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui accomplit son œuvre de manière invisible, qui agit clandestinement, sur des esprits faibles ou instables, trahissant ceux-là mêmes dont il se réclame, qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien. C’est un ennemi insidieux, qui exige de chaque citoyen, de chacun d’entre nous, un regain de vigilance et de civisme. »

 

Quelques jours plus tard, invité par l’épiscopat,  E.Macron  a prononcé  au collège des Bernardins un discours de très haute tenue également. Ce discours surprend à plus d’un titre. Emaillé de références à des grands noms de la pensée chrétienne, notamment  de Bernanos à J.L.Marion et des théologiens Lubac et Marrou à Simone Weil, la parole présidentielle a brisé avec  un éclat inédit  bien des us et coutumes de la politique française.

Certes , il y avait eu le discours du Latran dans lequel  N.Sarkozy affirmait que  jamais l’instituteur ne pourrait remplacer le prêtre. C’était déjà  osé, et on avait entendu tousser en maints endroits. Cette fois-ci, Macron va beaucoup plus loin . Dans une sorte d’hymne  à la spiritualité et à l’humanisme des bonnes volontés,  en hommage de  la République à  l’Eglise,  il semble vouloir apporter à celle-ci et aux catholiques  la reconnaissance qu’il estime leur devoir.

Constatant que « le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abimé » et que dans notre histoire « la France a été fortifiée par l’engagement des catholiques portés par leur foi en Dieu et par leur pratique religieuse », ne serait-ce que « depuis  l’union sacrée de 1914 jusqu’aux résistants de 1940 », il  préconise une laïcité ouverte et veut promouvoir le dialogue avec les catholiques au lieu de les « reléguer au rang de minorité militante contrariant l’unanimité républicaine ». S’agirait-il d’un mea culpa  de la République ?

Ces préliminaires achevés, le  président demande   à l’Eglise de faire « trois dons «   à la République.

 

1-Le don de sagesse

Faisant référence au personnalisme de Mounier et devant l’impossibilité de « nous satisfaire d’un progrès économique ou scientifique qui ne s’interroge pas sur son impact sur l’humanité », le chef de l’Etat en vient à deux sujets  mis en avant par le président de la conférence épiscopale.

Sur les migrants, il se réclame d’un « humanisme réaliste » qu’il estime aligné sur la « prudence » suggérée par le pape. Car  il existe dans notre pays « comme une concurrence des misères » et « la protection des plus faibles ne signifie pas l’anomie et l’absence de discernement ». Ainsi il fait sienne, sans le nommer, la phrase de Rocard sur la misère du monde et la part que la France doit y prendre.

Sur la bioéthique, il rappelle sa volonté que l’avis du CNCE soit  enrichi  d’avis de responsables religieux . « J’entends, dit-il ,  les recommandations des instances catholiques mais là encore certains principes  qu’elles  énoncent  sont confrontés à des réalités contradictoires et complexes qui traversent les catholiques eux-mêmes ». Et « la manipulation et la fabrication du vivant ne peuvent s’étendre à l’infini ». Alors qu’en conclure ?

Sur ces sujets le président veut écouter « avec intérêt » la voix de l’Eglise, mais « cette voix ne peut être injonctive, elle ne peut être que questionnante ». C’est pourquoi il appelle aussi ce don de la sagesse « celui de l’humilité du questionnement ».

Puis il s’autorise une méditation sur « la question intranquille du salut ».Il est vrai que Rome avait publié quels jours auparavant  une lettre de la Congrégation pour  la doctrine de la foi sur certains aspects du salut chrétien …

 

2.-Le don de l’engagement

Macron « salue tous ces prêtres et ces religieux qui de cet engagement ont fait leur vie et qui dans les paroisses (…) œuvrent au plus près de la détresse ou partagent la joie des familles lors des événements heureux ».Loin du « relativisme et même du nihilisme  qui grève notre pays ». Changeant de registre, il appelle les catholiques « à s’engager politiquement dans le débat national et européen car votre foi est une part d’engagement dont ce débat  a besoin ».

 

3.-Le don de la liberté

Par là Macron entend d’abord la liberté de l’Eglise d’être  «  intempestive », c'est-à-dire d’être « un de ces points fixes dont l’humanité a besoin », comme toutes celles et ceux engagés dans une vie communautaire de prière et ce travail », alors qu’il doit quant à lui « être dans le temps du pays »…

Il s’agit deuxièmement de la liberté de parole, dans laquelle il range « la volonté de l’Eglise d’entretenir le dialogue avec l’islam ». Si l’Etat doit « travailler sur la place des religions dans la société , je compte beaucoup sur vous pour nourrir ce dialogue (…), d’autant plus important que les chrétiens payent de leur  vie leur attachement au pluralisme religieux ».

En troisième lieu, il y a « la liberté spirituelle » (…) car « nos contemporains ont besoin d’entendre parler d’une autre perspective sur l’homme que la perspective matérielle ».

 

 

 

Antoine Sebaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Dernière modification : 29/06/2018