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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 

Actualités du trimestre

Commentaire de l’actualité de juin à août 2019

 

 

En France

 

Lorsque le premier ministre a annoncé en juin que l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules ferait partie du programme d’action du gouvernement, beaucoup de nos concitoyens ont sans doute trouvé surprenante cette façon de manier les priorités. Ainsi donc , nous en sommes là : le président Macron est capable de résister par exemple  à la demande de rétablir l’ISF, mais il ne peut pas s’opposer au toujours plus  bioéthique  parce que la société y est prête nous dit-on. Vraiment prête, ou bien manipulée et muselée par des minorités agissantes ?

La révision des lois de bioéthique ressemble à un rouleau compresseur déguisé en  char fleuri d’une parade  libertaire. Sur l’autel encombré de  l’égalité, de la non discrimination et du progrès, elle consacre un droit à l’enfant, et en même temps  elle piétine  les droits de l’enfant en  escamotant le père et en  brouillant  les principes fondamentaux de la filiation. Elle soumet la bioéthique  aux forces du marché et de la technique toute puissante. Le projet de loi va jusqu’à saper l’intégrité de l’espèce humaine puisqu’il autorise  les embryons chimères.

La réforme de l’assurance –chômage qui  va entrer en vigueur par étapes à partir de fin 2019 aura une incidence négative sur 40 % des bénéficiaires, selon l’Unedic, et cela principalement sur trois points : durcissement des conditions d’accès et de rechargement des droits, baisse d’indemnisation pour les hauts salaires. Cette énième réforme du régime créé en 1958 survient à un moment où se confirme la lente décrue du chômage. 

La persistance des manifestations de gilets jaunes et des violences qui s’y greffent génère à la fois inquiétude et banalisation.

Après un an et de demi du chantier Delevoye, le  projet de big bang  des retraites entre maintenant dans une nouvelle phase  de concertation avec les partenaires sociaux, complétée par une  consultation citoyenne qui va de fait  prolonger le « grand débat ». 

Le lynchage  du ministre F. de Rugy, qui n’est pas sans rappeler un peu celui de F. Fillon, nous enseigne une fois de plus que les apparences et la pression qui en découle comptent plus que la réalité. Deux enquêtes de l’assemblée nationale et du secrétariat  général du gouvernement ont conclu, pour l’essentiel, à l’absence d’irrégularité à reprocher à l’intéressé. Peu importe, la sentence médiatique prévaut. Nous dira-t-on, là aussi, que la société y était prête ?

 

D’autres réalités sont plus souriantes . Le service civique bat son plein , et le nombre de créations d’entreprises atteint des records.

L’amplification de la sensibilité  écologique des Français est un phénomène indubitable et salutaire. Le récent rapport du GIEC sur les océans en surchauffe lance un nouveau cri d’alarme  au sujet de  l’emballement climatique. Soyons attentifs  cependant, ici aussi il faut raison  garder : l’émergence d’une sorte d’idolâtrie environnementaliste peut receler des effets pervers.

 

Sur la scène internationale

 

Les manifestations  pro démocratie de Hong Kong et la répression qui s’ensuit  ternissent évidemment le blason de Pékin , au moment du 70 ème anniversaire du régime fondé par Mao et ô combien reformaté depuis sa création. Au fond, la soif de liberté des Hong Kongais  et le raidissement de la Chine centrale  étaient prévisibles, à mesure que l’étau se resserre sur l’ancienne colonie britannique  en dépit du fameux un pays deux systèmes. Certes, depuis 1989 le monde a beaucoup changé et la société civile internationale est devenue plus forte ; néanmoins il y a fort à parier que le régime  communiste, -un adjectif au demeurant  sujet à caution-, n’hésiterait pas à recommencer peu ou prou Tien An Men.

Le face à face américano-iranien continue d’inquiéter les chancelleries  et l’attaque anonyme ( ?) d’installations pétrolières saoudiennes a encore aggravé la tension. Malgré les initiatives d’interposition et d’apaisement   prises notamment par la France, le dialogue  n’a pas  été renoué entre  les deux protagonistes.

Le choc des puissances  a lieu aussi à l’intérieur des Etats-Unis. Car les succès sans fin des Gafam, longtemps considérés  comme autant d’illustrations avantageuses de la domination de l’Oncle Sam à travers le monde, commencent à être perçus comme des menaces contre les pouvoirs publics américains eux-mêmes et pas seulement contre la liberté de la vie privée individuelle. Le projet Facebook de créer la monnaie Libra , c'est-à-dire de défier la souveraineté étatique dans l’un de ses principaux attributs, en est un révélateur  magistral.

En tout cas la France n’a pas  attendu un éventuel accord européen pour taxer les Gafam.

 

L’arrivée triomphante de Boris Johnson au 10 Downing street a ouvert une nouvelle séquence de rebondissements aussi spectaculaires  qu’inattendus, dont personne ne  peut prédire l’issue, une fois de plus.

 

Et ailleurs

 

Une vingtaine de responsables musulmans du monde entier ont récemment salué dans un texte commun le Document pour la fraternité humaine cosigné début 2019 par le pape François  et par le grand imam d’Al-Azhar.

Par ailleurs,  le pape s’est prononcé en faveur d’une théologie moins dogmatique, plus ouverte au dialogue avec les institutions civiles et sociales. Le Vatican a publié un texte relatif à la future constitution régissant la Curie, dans une optique de modernisation et d’ouverture plus grande aux conférences épiscopales. Plus récemment, l’ancien  archevêque de Tokyo  a écrit au pape pour regretter que la Curie  soit insuffisamment au service de la foi et des fidèles  et que le Saint-Siège ne soit pas vraiment saint.

Le Vatican  a aussi publié un texte sur le genre, dans lequel il déplore l’existence de « conceptions de la personne et de la  vie qui révèlent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison ».

 

L’Union européenne a lancé un plan d’actions tendant à faire jouer aux religions un rôle plus affirmé dans la protection de la paix. Cette initiative , parfois baptisée Erasmus des religions, ne manque pas d’originalité, même si elle ressemble à s’y méprendre à celle mentionnée plus haut. Au grand dam de certains  défenseurs pointilleux de la laïcité.  Le  diable étant dans les détails, il faudra être attentif à son réel contenu .

 

Le diable, justement, n’est  qu’une réalité symbolique, a récemment  réaffirmé  le supérieur général des jésuites, suscitant  l’indignation de l’association internationale des exorcistes…

 

 

Antoine Sebaux

 

 
Dernière modification : 07/10/2019