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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 

Actualités du trimestre

Commentaires sur les événements du trimestre

 

 

Le président Macron s’est rendu récemment au sanctuaire de Lourdes, mettant ainsi ses pas dans ceux de son lointain prédécesseur, venu là  en … 1941. On ne saurait mieux démontrer que, en dépit des apparences trompeuses de l’actualité toujours fébrile, il existe des constantes  qui façonnent notre conscience collective sur le temps long. Certes, Napoléon III n’avait pas jugé utile de faire le déplacement,  et l’impératrice Eugénie s’était acquittée de la tâche avec l’humilité qui convenait ; l’empereur avait pour excuse la nouveauté du lieu et de la chose.

La nouveauté étant  de nos jours recherchée pour elle-même,  dans à peu près tous les domaines, B. Johnson  a trouvé normal d’affirmer déjà sa volonté de renégocier le protocole nord-irlandais  inséré dans l’accord Brexit, laborieusement  conclu voici moins d’un an. Le gouvernement de Londres est beaucoup moins sûr de lui à propos de sa traditionnelle relation privilégiée avec les Etats-Unis, mise à mal par l’invraisemblable  débâcle américaine  d’Afghanistan. Ce retrait calamiteux a frappé de stupeur le monde entier et a bien sûr rappelé les terribles images d’Hanoi en 1975.

L’Amérique ne cessera pas de nous surprendre. D’après le journaliste Bob Woodward, les derniers temps de la présidence Trump avaient créé  des tensions si graves, y compris  dans l’appareil d’Etat,  que le chef d’état-major de l’US Army craignait une décision présidentielle d’attaquer la Chine. Ce haut militaire avait par conséquent  mis en garde ses adjoints et leur avait ordonné de ne pas exécuter, le cas échéant,  une telle décision ; et  en outre, après l’assaut contre le Capitole, il avait appelé  son homologue chinois pour le rassurer sur la stabilité du pouvoir  à Washington. En Chine justement, les autorités d’une province  offrent une récompense aux dénonciateurs d’activités chrétiennes « illégales » ; voilà un bon sujet pour l’avocat et diplomate musulman que Biden a nommé au poste d’ambassadeur  de la liberté religieuse à l’étranger.

L’OMS estime encore qu’une troisième dose de vaccin anti-covid est inutile et ne satisfait que l’avidité des fabricants, et elle critique le manque de solidarité des pays riches. Pendant ce temps, le président de la République a décidé que la troisième dose est nécessaire aux plus de 65 ans. Il y a tout de même de quoi  être troublé par une divergence aussi abrupte.

 

L’intrusion  des technologies informationnelles dans nos vies s’amplifie dangereusement, et les gestes barrière pour s’y opposer manquent cruellement. Un jour on apprend que le logiciel Pegasus vendu par une société israélienne à de nombreux Etats permet de pirater les données stockées dans les téléphones portables de personnalités de toute nature (politiques, avocats, syndicalistes, journalistes  etc…). Un autre, Twitter offre des récompenses aux utilisateurs et chercheurs découvrant des « partis pris » dans les algorithmes de sa plateforme. Enfin, la France (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information) accuse publiquement un groupe de hackers traditionnellement lié au pouvoir chinois d’une « vaste campagne de compromission touchant de nombreuses entités françaises ». Par ailleurs, cette agence a mis en cause Orange dans les dysfonctionnements qui ont affecté les numéros d’urgence en juin.

Dans cet ordre d’idées, j’observe que la nouvelle carte nationale d’identité  au format européen, électronique de surcroit,  est tellement petite que ses mentions sont difficilement lisibles !

 

 

Que se passe-t-il en Tunisie ? Le président a limogé le chef du gouvernement soutenu par le parti islamiste Ennahda, et  la suspension du parlement  annoncée  pour 30 jours se  prolonge  encore. Le chef de l’Etat  semble s’appuyer sur l’armée pour « protéger la démocratie et la liberté individuelle ». En Côte d’Ivoire, l’ancien président Gbagbo acquitté par la Cour Pénale Internationale affiche son ambition de jouer à nouveau un rôle de premier plan, sans sa femme ; car ils ont divorcé non seulement au sens conjugal du terme, mais aussi au plan politique.

 

 

En France, le sommet de l’Etat a jugé opportun de rendre en l’Hôtel des Invalides un hommage national à J.P. Belmondo. J’avoue ne pas comprendre tout à fait ce qui reste à mes yeux une confusion des genres. Car enfin,  comment peut-on placer au même plan un acteur, aussi glorieux soit-il, et des militaires morts pour la France ? Ne pouvait-on pas trouver un autre lieu pour honorer Bebel le magnifique ?

Comme on pouvait s’y attendre, les préparatifs de la campagne présidentielle donnent lieu à des  surprises qui ne sont pas toujours réjouissantes. Ainsi de cette candidate à la primaire écologiste qui, si j’ai bien compris, estime avantageuse la présence en France de talibans infiltrés parmi les réfugiés, au motif qu’on pourra mieux  les surveiller que s’ils étaient restés dans leur pays !   Cette candidate remplie de colère contre les dominants de toutes sortes et notamment les hommes blancs, cherche à populariser  le concept d’éco-féminisme.

Quelles leçons a-t-on tirées de l’abstentionnisme record (66,6 % au premier tour) de juin ? Rien n’indique que  ce mauvais vent se soit apaisé.

Il est piquant de remarquer qu’Anne Hidalgo a réussi une sorte de hold-up sur le PS, alors que les candidats  de droite s’ingénient à se tenir autant que possible à distance du parti LR.

 

Il est bien difficile à la presse de rendre compte sans biais d’une actualité politique foisonnante et souvent désordonnée. Ainsi, j’ai lu dans ce grand quotidien du soir à propos de la chute de Kaboul : « Macron a répondu à la gauche qui réclame un pont humanitaire et aux droites qui le mettent en garde contre tout angélisme ». J’ai du mal à croire que la vertu d’unité soit aussi nettement attribuée  sur notre échiquier politique, comme si le poison de la division ne pouvait par nature exister que chez les attardés de droite. Ce genre de  manchette ne redore pas le blason de ce journal de référence.

 

Le Vatican a présenté un questionnaire destiné aux catholiques du monde entier, orienté vers un « avenir différent pour l’Eglise », qui servira de socle au synode international de 2023. De son côté, la remuante théologienne Anne Soupa (qui n’a pas été nommée archevêque de Lyon malgré sa demande)  vient de mettre en ligne un « lieu d’écoute et de parole » ouvert à un large public, dont le premier thème sera la place des femmes dans l’Eglise catholique ; elle estime en effet que « quelque chose ne va pas dans notre Eglise » à ce sujet. Avec l’association « Toutes apôtres », elle demande la création d’une commission indépendante chargée d’examiner ce même sujet. Le pape a refusé la démission de l’archevêque de Munich, que ce dernier  lui  avait  présentée « pour assumer la coresponsabilité de la catastrophe des abus sexuels dans l’Eglise ».

 

 

Le rapport Tirole-Blanchard sur les grands défis économiques de la France a mis en exergue trois priorités : les inégalités, le vieillissement de la population, le changement climatique. Sur ce dernier sujet, le GIEC estime que le dérèglement du climat s’aggrave dans toutes les régions du monde, à un rythme très rapide et sans précédent. Et il démontre que, pendant la dernière décennie, les activités humaines sont entièrement responsables du réchauffement. La chaleur a atteint 49,5 ° au Canada pendant l’été, provoquant de nombreux décès, et l’Allemagne et la Belgique ont connu des inondations dramatiques. Comme chacun sait, Groenland signifie « terre verte » ; cela suffit à certains chercheurs ou commentateurs, dont Claude Allègre, pour contester la réalité du réchauffement climatique…

 

Antoine Sebaux

 

 

 
Dernière modification : 01/11/2021