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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 

Résultats du baromètre social

Baromètre social chrétien N°66

1er trimestre 2017

 

 

 

Suivant la particularité habituelle de l’OCHRES, le trimestre en référence s’étend de décembre à février.

 

Nous avons enregistré pour les évènements de cette période 25 réponses, dont 17 comportent des commentaires.

 

Les réponses, d’après le poids qui leur est donné, ont été relativement concentrées sur trois évènements :

La création d’un délit d’entrave numérique à l’IVG est l’événement le plus cité et le plus commenté.

Viennent ensuite la prise de pouvoir chaotique de Donald Trump et le besoin croissant plus grande transparence.

 

Un capteur a ajouté au choix proposé :« L’inflation de désinformations, rumeurs, mensonges…malveillants »

A signaler des commentaires généraux très négatifs sur la situation française et internationale quant à la dégradation des valeurs chrétiennes, provoquant « malaise », « désarroi », « démoralisation », « découragement ». « Pauvre France » ou « « Triste trimestre » disent deux commentateurs.

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En classant les événements par ordre de poids donné par les capteurs, nous avons :

 

1- Le « délit d’entrave numérique » à l’I.V.G. définitivement adopté : cette déclaration a été citée 13 fois avec un poids de 31. Les appréciations sont unanimement défavorables, tant en réalité qu’en conséquences. (-1,69)

 

C’est l’événement qui suscite le plus de commentaires, très critiques,

-tant au regard des valeurs chrétiennes : « la facilitation de la pratique de l’IVG va à l’encontre du respect de la vie inscrite dans notre morale chrétienne », « un refus renouvelé de la doctrine de l’Eglise »

-que des libertés : « l’interdiction de tout élément de réflexion sur ce sujet grave, outre qu’il va à l’encontre de la foi chrétienne (et d’autres religions), est juste la marque d’une doctrine totalitaire », c’est « une mise en cause sans précédent de la liberté d’expression », « un délit de pensée, on voit arriver la pénalisation de toute critique à l’égard de l’Islam » ou « la liberté d’opinion est gravement atteinte ».

 

En résumé, c’est « un pas de plus dans la régression des valeurs chrétiennes et démocratiques » ou « le quinquennat qui se termine aura été marqué par un refus des valeurs fondatrices de notre civilisation : mariage, respect de la vie… Dans le contexte actuel de conflits avec l'islamisme, cela affaiblit notre civilisation en lui faisant perdre des points de repère fondamentaux ». « Les libertés fondamentales de l’être humain, message social au cœur de la pensée chrétienne, et les éléments incontournables de l’éthique chrétienne, bafoués dans la même loi. Cela est d’autant plus grave que, n’en doutons pas, comme toutes les lois qui visent aux principes sociétaux, celle dite du délit d’entrave fera des petits. Son nom même est tout un programme. En quoi défendre la vie pourrait-il être une entrave ? Ce nouveau recul de la doctrine sociale qui seule défend la vie, toute la vie, de la conception à la mort naturelle, est très grave pour notre société. Pensons à nos enfants… Que faisons-nous de notre « pouvoir » politique ? Confier le pouvoir à ceux qui défendent l’éthique chrétienne fait partie aussi de notre devoir d’état. A méditer en cette période électorale… »

 

2- La prise de pouvoir chaotique de Donald Trump : cet événement a été cité 9 fois avec un poids de 26. Les jugements sont nettement négatifs, en réalité et en conséquences (-1,44).

Un commentaire souligne d’abord le paradoxe de cette élection : « c’est la démocratie qui a choisie de scier la branche sur laquelle elle est assise ». « Il représente l’incarnation d’un populisme américain », « des catholiques américains l’ont soutenu au nom du respect de la vie ». Tous manifestent leur inquiétude quant à la régression des valeurs chrétiennes tant aux USA que sur le plan international. Mais l’espoir demeure que des contre-pouvoirs freinent ces dérives.

 

3- Le besoin croissant d’une plus grande transparence de la part des politiques : cet évènement a été cité 11 fois, avec un poids de 22. Cet élément est noté de façon positive, voire très positive (+1,18).

Pour les commentateurs, ce besoin est considéré comme une bonne chose. Un capteur souligne le retard en ce domaine par rapport à l’Europe du Nord. D’où le décalage entre l’aspiration de l’opinion et les pratiques des politiques, qui provoque la crise actuelle. Tous soulignent la nécessité d’une clarification des règles. Un capteur associe à cette réforme la diminution du nombre des parlementaires et des fonctionnaires, notamment territoriaux, et l’équilibre des comptes.  

Néanmoins un capteur pense « qu’il y a un piège possible pour la démocratie dans la volonté actuelle de rechercher davantage de démocratie à tout prix … Certes il faut se garder du risque d’un gouvernement des juges, mais c’est bien à une réforme culturelle difficile de nos pratiques que nous sommes contraints de nous livrer si nous voulons d’une part sauver notre « classe politique » (et on ne devient pas responsable politique dans la naïveté) et d’autre part exercer demain une quelconque influence politique en Europe.

 

4- L’interférence de l’action judiciaire avec la campagne électorale : cité 9 fois avec un poids de 15 et jugé négativement, en réalité ainsi qu’en conséquences (-1,22).

 

A tout le moins, « cette interférence me semble poser vraiment question », dit un capteur. Les commentaires sont critiques : « La rapidité surprenante de l’action judiciaire fait douter d’une démocratie apaisée ». Plusieurs mettent en cause simultanément la presse : cette interférence « semble avoir été la suite des actions menées par la presse au service d’une action politique de déstabilisation. L’action judiciaire n’a pas pris l’initiative mais a saisi les occasions qui lui étaient données. C’est la séparation des pouvoirs exécutif, judiciaire et de la presse qui semblent avoir été négligée ou oubliée. C’est cela qui a sans doute entrainé la crise par un manque visible de sens de l’éthique démocratique… ». Un autre dénonce « une manipulation politico-médiatique supérieurement conçue et organisée pour obliger un candidat bien placé à la présidentielle à se retirer du jeu ». 

Des capteurs dénoncent plus directement encore la politisation des juges : « ce sont des coups bas de juges politisés qui discréditent l’institution judiciaire » ou « l’interférence non pas de la justice, mais de juges qui se servent de l’institution judiciaire et de ses pouvoirs pour mener leur propre combat idéologique est proprement inacceptable d’autant que leurs erreurs ne sont jamais sanctionnées. Ce type d’affaires où les « juges » faussent le jeu politique est récurrent depuis plusieurs années. Souvent des non lieux terminent des instructions qui durent des mois et des années et qui montrent combien la précipitation dans certains cas n’est qu’une question d’idéologie et non de droit … Polluer une élection par des affaires mineures n’est pas très digne et ce qui en sort salies et amoindries ce sont une nouvelle fois les institutions et… la justice... »

 

5- Les violences récurrentes contre les représentants de l’autorité : cité 10 fois avec un poids de 14 et une appréciation très négative, davantage encore en conséquences (-1,40) qu’en réalité (-1,50).

Pour tous, leur développement reflète un malaise de la société. Il « ne saurait être mis uniquement sur le compte de l’action de l’Etat qui serait trop laxiste, permissif et sans assez de moyens. Il doit interpeller l’ensemble de la société…comme un ensemble d’acteurs responsables : famille, éducateurs, employeurs, associations, pouvoirs publics, médias, scientifiques, philosophes. « Le refus de « l’autorité » traduit pour une partie de la société un malaise profond dont les causes sont très certainement complexes. L’éducation, notamment au sein de la famille en est une cause principale » ou encore : ces violences « sont une des expressions d’une société mal dans sa peau et qui a perdu ses repères ».

Un capteur toutefois souhaite une plus grande fermeté à leur égard « car la défense des institutions fait partie de notre devoir de citoyen. Nous devrions exiger la tolérance zéro sur toutes ces déviances de la vie sociale car si on n’est pas ferme, c’est toute la société qui en paie le prix et les plus pauvres le prix le plus fort. Ce que des siècles de société chrétienne avaient peu à peu bâti… un siècle de séparation de l’Eglise et de l’Etat via le laïcisme et le positivisme juridique niant le droit naturel (c’est-à-dire l’éthique et le transcendant) est en train de le mettre à bas ».

 

6- Le rapport PISA classe l’éducation française parmi les plus inégalitaires : cité 6 fois avec un poids de 14. Les appréciations sont plutôt négatives en réalité et en conséquences  (-1,00).

Tous les capteurs dénoncent la responsabilité du système éducatif français dans le creusement des inégalités, la panne de l’ascenseur social et l’échec de l’intégration, facteurs de violence et de désagrégation de la communauté nationale.

 

7- Le conflit entre le pape François et le Grand Maître de l’Ordre de Malte : Cité 5 fois avec un poids de 8 et une appréciation plutôt négative en réalité et en conséquences (-0,40). Un capteur espère que l’Ordre va évoluer après l’intervention du Pape mais attend pour payer sa cotisation… Mais un autre conteste le choix de cet événement, un peu « moyenâgeux », en regard des démêlés du Pape avec la Curie ou des débats autour de la famille ou de la place des femmes et des laïcs dans l’Eglise. De fait, un autre évoquant aussi le conflit avec les princes de l’Eglise et les affiches sur les murs de Rome craint « la naissance d’un schisme, ou pour la vie du Pape ».

Pour un des capteurs : « c’est une chance pour l’Eglise que le pape François ose et ait la force d’affronter le conflit de cette manière, au risque d’être lui-même considéré par certains comme un danger pour l’Eglise »

 

8- L’influence des primaires sur le fonctionnement de la démocratie : cité 4 fois avec un poids de 8 et avec une appréciation négative (-1,25) en réalité, et en conséquences.

Les commentaires sont partagés. Les primaires montrent, en positif, « un appétit pour participer d’un grand nombre d’électeurs ». Mais, en négatif, « le développement des primaires au lieu d'aboutir à la sélection de candidats probes semble avoir eu les effets inverses et avoir entraîné des déchaînements médiatiques qui ne font guère honneur à un journalisme de qualité et à un vrai débat sur les enjeux sociétaux ». D’où la nécessité, soulignée par deux capteurs, de conduire une vraie réflexion sur cette procédure. L’un d’eux liste les questions à étudier : ralliements des candidats évincés au vainqueur, constitution d’une majorité à l’Assemblée Nationale, durée allongée de la période électorale, débats spectacles à la télévision orchestrés pour la mise en valeur des journalistes... « Un président de la République doit-il n’être d’un bon débateur de télévision ? »

 

9- Le lancement du Compte Personnel d’Activité : Cité également 4 fois mais avec un poids de 5, les appréciations sont positives (+1,00).

Deux commentaires positifs à l’égard « d’une réforme qui va dans le bon sens, celui de l’évolution professionnelle et de la mobilité du travail » en contribuant à « compenser les chocs et l’instabilité des carrières » et « qui représente pour la première fois le principe d’un droit …attaché à la personne et non plus à l’emploi ».

 

10- Le recul du gouvernement au sujet de l’aéroport de Notre-Dame des Landes : L’événement a été cité 2 fois avec un poids de 3 et une appréciation négative (-1,50).

Deux commentaires très négatifs sur cette décision prise malgré le choix des élus et un référendum. Elle « augmente encore le discrédit dont sont victimes les élus ». Cette « démission totale de l’autorité de l’Etat est significative de la décomposition avancée du politique dans notre pauvre pays ». 

 

L’inflation de désinformations, rumeurs, mensonges…malveillants :

Cet élément ajouté per un capteur est jugé négativement et suscite le commentaire suivant : « La capacité et la multiplicité actuelles des moyens de communication offrent des occasions extraordinaires de troubler tant les opinions publiques que des experts par de fausses nouvelles conduisant à des erreurs de jugement, des actes dangereux, des actes malveillants ou destructeurs. Le souci de la vérité perd rapidement de sa valeur »

 

 

C. Robert - F. Malrieu

 

 

 
Dernière modification : 24/03/2017