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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
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Actualités du trimestre

Sur la scène internationale

 

Depuis que l’armée russe s’est retirée des environs de Kiev pour se concentrer sur l’est de l’Ukraine, la dimension transgressive et criminelle de cette guerre décidée par Poutine s’est accentuée. Les assassinats, viols, pillages et autres exactions commis contre les civils, ainsi que les écrasements de villes sous les bombes,  ont confirmé au monde la vraie nature de l’homme du Kremlin. Tout cela révèle aussi, au travers de l’armée russe à la fois puissante et fragile, une certaine misère matérielle et morale de la Russie profonde. Un peuple  manipulé,  utilisé et corrompu  par un pouvoir totalitaire au nationalisme dévoyé.

A mesure que dure cette guerre contre l’Ukraine, plusieurs sujets  récurrents s’invitent dans les toutes premières priorités  des grandes capitales :

-face à l’agressivité russe et aux candidatures corrélatives de plusieurs pays , les questions d’élargissement de l’UE à de nouveaux membres  posent  de redoutables défis ;

-la relative cohésion des Vingt-Sept depuis le 24 février n’efface pas les divergences ;

-la nécessité pour l’Europe d’acquérir plus de puissance face aux blocs oblige à traiter vraiment les sujets d’approfondissement de l’UE (politiques communes) en matière de défense et d’indépendance ;

-Moscou cherche à troquer l’abandon de tout ou partie des sanctions internationales contre la levée de son blocus des ports ukrainiens ;

-les risques de grande crise alimentaire mondiale s’aggravent ;

-la dépendance énergétique mise en lumière par la guerre, combinée à la poursuite du dérèglement climatique,  rehausse encore l’urgence d’agir pour la  transition écologique.

 

Devant le Parlement européen en mai, le président français a évoqué une réforme des traités et une généralisation du vote à la majorité qualifiée, tout en reprenant l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. Il a aussi affirmé des nuances très nettes par rapport aux USA, où certaines voix (qui rappellent l’entourage belliqueux de Bush en 2001-2003) préconisent d’aller plus loin que la seule défense de l’Ukraine, c'est-à-dire de profiter des circonstances pour affaiblir la Russie directement ou indirectement. Les propos de Macron « Ne jamais céder à la tentation ni de l’humiliation ni de l’esprit de revanche » ont suscité des critiques tous azimuts, notamment de la part du président ukrainien. Ce dernier est-il autorisé à s’immiscer dans la politique française ? Il semble que non, avec tout le respect qu’on doit à son pays victime d’une tragédie.

 

Il s’avère que les Etats-Unis sont les seuls bénéficiaires de la guerre d’Ukraine et cela n’est pas rien (armes, pétrole, gaz, etc..). C’est l’un des résultats paradoxaux de la décision de Poutine d’attaquer son voisin.

En raison du jeu trouble de Pékin dans ce contexte inflammable, le président  Biden a déclaré qu’il défendrait militairement Taiwan si la Chine attaquait  l’ile nationaliste. Aussitôt après, son administration a relativisé ses propos et l’aviation chinoise  a multiplié les incursions dans l’espace aérien de sa petite voisine. Ainsi va la diplomatie.

Les talibans d’Afghanistan ont ordonné aux femmes de porter la burqa en public. Ainsi va la religion dans cette partie du monde.

New Delhi a enregistré un record historique de 49,2 ° C. Ainsi va le réchauffement climatique.

 

En France

 

Le président  réélu  a servi un médiocre discours au soir du 1er tour de la présidentielle . Peut-il en être autrement dans ce genre d’exercice ? Il a lancé  un clin d’œil appuyé « aux juifs et aux musulmans » qu’on voudrait « empêcher  de manger comme le prescrit leur religion». Peut-être venait-il de lire  La fin de la Chrétienté ?

Le locataire de l’Elysée continue de susciter bien des interrogations sur ce que sont vraiment ses convictions. Mais après tout, n’est-il pas un héritier de Giscard, l’ inventeur de la société libérale avancée et grand architecte de la construction européenne ?  De sorte qu’il n’est  pas si étonnant  qu’un Raffarin,  par exemple, ait  rejoint Macron avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Cette campagne présidentielle  a été marquée  par le flou du chiffrage des programmes, par l’omniprésence abusive des sondages, et bien sûr par l’ombre de la guerre.

Les deux partis dits de gouvernement  pendant longtemps, à savoir LR et PS, n’ont obtenu au total que 7 % des voix du 1er tour, poursuivant leur déclin déjà prononcé en 2017. Et 50 % des votants de ce 1er tour ont donné leur bulletin à un soutien de longue date de Poutine (Mélenchon, Le Pen, Zemmour).

Après avoir  claqué en 2008 la porte d’un PS devenu vide de contenu socialiste à ses yeux, Mélenchon  n’a cessé depuis de pencher à gauche de la gauche (c’est le retour du sinistrisme)  et il a atteint 21,9%, c'est-à-dire l’équivalent du meilleur score présidentiel du PCF (les 21,2 % de Duclos en 1969).

Des étudiants mécontents des résultats  du premier tour ont commis des dégradations dans plusieurs établissements d’enseignement  supérieur. A force d’enseigner la déconstruction…

La coalition constituée autour de LFI pour les législatives est manifestement un coup réussi, en tant que telle et avant même le scrutin, pour l’ancien sénateur socialiste.  Pour la France, c’est moins sûr. Son lieutenant  Adrien  Quatennens  a déclaré : « pour ceux qui veulent une rupture sociale et écologiste, l’avenir du pays ne passe plus par la social-démocratie ». Passera-t-il par le Venezuela ?

En cette période où fleurissent les incantations, les anathèmes et les promesses, le vainqueur de la présidentielle s’est engagé pour une réforme simplifiée de la retraite, donc très éloignée, semble-t-il, du projet de réforme « systémique » qui a tant occupé  et secoué son premier quinquennat. Annoncer comme un slogan que le départ en retraite sera reculé à 65 ans est-il le meilleur moyen d’ouvrir cette route ? Le chef de file de la Nupes , une appellation pas très heureuse soit dit en passant , n’a pas manqué de promettre la retraite à 60 ans , renouant ainsi avec le programme commun de la gauche que Mitterrand fit gagner en 1981.

Un autre slogan lancé par Macron, le « dividende salarié », me parait plus habile, quoi que non dépourvu d’ambigüité. S’il s’agit d’une énième couche réglementaire d’amélioration technique de la participation financière des salariés créée par De Gaulle peu avant 1968, cela risque de ressembler à un coup d’épée dans l’eau. S’agira-t-il d’autre chose ? Dans cet ordre d’idée, on aura remarqué que l’AG des actionnaires de Stellantis a refusé d’approuver la rémunération du PDG, tandis que  celle d’Axa l’a acceptée. On observe par ailleurs  que les investissements étrangers en  France continuent d’augmenter.

Les deux faits marquants du 1 er tour des législatives sont l’effrayante abstention de 52,5 % et le coude çà coude des deux coalitions antagonistes : d’une part la Nupes et d’autre part celle qu’on n’est plus sûr, à ce stade,  de pouvoir dénommer majorité présidentielle.

Saisi par le préfet , le tribunal administratif a censuré le règlement des piscines de Grenoble, au motif qu’il s’agissait de « céder à des revendications communautaristes à visées religieuses », enfreignant ainsi le principe de laïcité. C’est la première utilisation du référé laïcité  institué par la loi de 2021 renforçant les principes de la république (loi contre le séparatisme). Si le Conseil d‘Etat devait finalement donner raison au maire de cette ville, un prêtre en soutane pourrait-il  lui aussi plonger dans une piscine municipale ?

 

Les tenues vestimentaires et autres habits liturgiques retiennent l’attention ces temps ci. L’archevêque de Toulouse a interdit à ses séminaristes de porter la soutane, et le pape s’est publiquement agacé de la persistance de « dentelles » à notre époque dans les églises (italiennes seulement ?).

 

Fin mai, l’instance ad hoc de reconnaissance et de réparation mise en place à la suite du rapport  Sauvé a  été saisie par 735 victimes. Un peu plus de la moitié d’entre elles demandent  une réparation  financière. Faut-il s’étonner de l’écart entre ces 735 et le nombre de victimes estimé par la Ciase à 330 000 depuis 1950 ?

 

Antoine Sebaux

 

 

 
Dernière modification : 27/06/2022