logo-ochres

 

Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 > ACTUALITES > Actualités du trimestre
 

Actualités du trimestre

Commentaire de l'actualité d'avril à juin 2020

 

Au plus fort de l’épidémie, le premier ministre a déclaré que cette crise allait révéler ce que l’humanité a de plus beau et de plus sombre. Invité par  un journaliste à s’exprimer en écho,  l’archevêque de Paris a rappelé la loi du Jubilé figurant dans l’Ancien Testament, cet « affranchissement de tous les habitants du pays » (Lv 25, 10)  qui avait lieu tous les cinquante ans. Et qui signifiait remise des dettes, libération des esclaves, etc… A partir de cette référence biblique, Mgr Aupetit a suggéré que les habitants d’aujourd’hui osent se libérer d’autres liens, par exemple les idéologies, et que « l’on reconsidère nos illusions de toute-puissance ouvertes par la technique ».

Edgar Morin analyse depuis longtemps les failles de la mondialisation technico-économique, et spécialement le penchant de celle-ci pour la satisfaction des intérêts à court terme au détriment de la simple solidarité humaine. La pandémie du coronavirus  lui donne raison sur bien des points  et, selon lui, la course à la rentabilité  comme les paresses et les oublis volontaires de nos modes de pensée expliquent ou amplifient les dégâts du virus. Et le philosophe  Rémi Brague  se demande si nous ne sommes pas victimes d’autres épidémies, au plan intellectuel, spirituel…

 

Poutine a réussi à ficeler une réforme constitutionnelle  lui accordant deux mandats  présidentiels  supplémentaires, sous réserve d’un referendum probablement sans surprise. En même temps  il  a dénié  l’importance du risque épidémique, ce qui rappelle un peu les dénégations soviétiques à l’époque du socialisme réel, à l’occasion par exemple  du nuage de Tchernobyl.

La pandémie a permis à Trump de marquer  encore des points  dans sa quête de consternation maximale, notamment lorsqu’il a fermé l’accès des USA aux Européens à l’exception des Britanniques, et quand il a déclaré utiliser personnellement de la chloroquine tous les jours pour se protéger contre le coronavirus.   Il est vrai que le Haut conseil français de santé publique n’avait pas encore  recommandé de ne pas utiliser l’hydroxychloroquine dans le traitement du covid-19. Durant cette période le président américain a par ailleurs autorisé l’exploitation commerciale de l’espace, au mépris du droit international.

C’est peu dire que la crise sanitaire a mis en évidence les immenses difficultés de la solidarité internationale. Ainsi, la Chine profite outrageusement de la situation pour piétiner Hong Kong, menacer Taiwan et  couler des bateaux de pêche vietnamiens, tout en répandant à travers le monde sa propagande aussi puérile que pernicieuse.

Et les Etats-Unis veulent démolir l’OMS, qu’ils jugent inféodée à Pékin.

La Libye s’enfonce dans son rôle de « deuxième Syrie », puisqu’elle sert de théâtre d’opérations où les grandes puissances s’affrontent à fleurets plus ou moins mouchetés. Israël met en œuvre méticuleusement le plan Trump pour le Moyen Orient.

 L’ONU et le pape ont pourtant appelé fin mars à un cessez le feu mondial.

Cependant tout n’est pas noir. Différents pays se sont aidés les uns les autres et le souvenir de l’assistance médicale entre la France et ses voisins restera gravé dans les mémoires. Un plan d’aide internationale pour l’Afrique contre le virus a vu le jour, et la coopération intra européenne dans la  recherche scientifique contre le Covid 19 est une réalité.

La cour suprême des Pays-Bas a accepté l’euthanasie d’une personne atteinte de démence avancée, incapable de réitérer son consentement.

 

Soixante-quinze ans après la fin de la seconde guerre mondiale, les évêques allemands ont publiquement reconnu les fautes de l’Eglise pendant la période hitlérienne, y compris des complaisances voire des complicités. Plusieurs évêques anglicans ont quant à eux reçu récemment des menaces de mort pour avoir critiqué   le premier ministre B.Johnson à propos de son proche conseiller, architecte du Brexit, qui  a personnellement enfreint les règles du confinement. C’est mal augurer des bienfaits de la sortie de l’UE pour les citoyens britanniques , si leur traditionnelle liberté de parole (cf. les speakers de Hyde Park)  est déjà remise en cause….

Quant à l’évêque de Rome, ce 27 mars il semblait porter sur ses épaules toute l’angoisse et la misère du monde,  lors de sa bénédiction Urbi et Orbi  devant la place St Pierre tristement vide et luisante d’une  pluie mauvaise.

 

Quel sera le sort de la proposition  franco-allemande de créer un fonds de relance des Vingt Sept, financé par des emprunts ? Cette initiative a suscité autant d’enthousiasme sous l’angle de la vigueur du couple Paris-Berlin, que de réticence de la part de certains pays  hostiles à l’idée de subventionner d’autres pays-membres. Par un curieux hasard, elle est survenue peu après un arrêt de la cour constitutionnelle allemande refusant la primauté du droit européen sur le droit national et, de ce fait, elle a pris des allures de désaveu par la chancelière  de la rébellion anti-communautaire des juges de Karlsruhe. Quoi qu’il en soit, cette proposition Macron-Merkel a sonné comme un réveil après les longues semaines de cacophonie européenne sur l’élaboration d’un plan économique commun anti-covid.

 

En France

Faute d’avoir recueilli un nombre suffisant de signatures (10 % des électeurs) , la démarche multipartisane  en faveur d’un référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris a pris fin. Bien malin qui pourra cerner les causes de cet échec, tant les motivations sont multiples et s’entrechoquent.  Au demeurant le processus de privatisation  d’ADP a été repoussé par le gouvernement  à une date indéterminée en raison de la crise du virus.

La cour de cassation a requalifié en contrat  de travail la situation d’un chauffeur  indépendant  Uber. Cela va-t-il réellement changer les choses ? Ce n’est pas sûr du tout.

Le premier tour des élections municipales, ce fameux 15 mars, s’est soldé par un taux d’abstention de 55 % et par de multiples interrogations sur la pertinence de son maintien à la veille du confinement. On ne peut qu’être impressionnés par les assesseurs du premier tour qui, tombés malades du virus peu après, supplient maintenant le gouvernement de ne pas tenir le deuxième tour le 28 juin qu’ils estiment prématuré.

 

 

Les cloches des églises ont sonné le 25 mars au soir et les fenêtres  se sont éclairées de mille bougies. Les applaudissements quotidiens de 20h pour le personnel médical, parmi tant d’autres gestes de solidarité et de cohésion nationale face au péril, ont fait chaud au cœur. Mais à l’inverse, des routiers sont devenus soudain des parias, et des professionnels de santé ont subi des menaces et des insultes à leur domicile.

 La peur  explique-t-elle cela à elle seule ?

 

 

Le gouvernement et sa majorité ont été mis à rude épreuve par la pandémie. On a pu penser dès  2017 que cette majorité parlementaire, issue d’une élection présidentielle hors norme,  reposait sur du sable. Déjà ébranlée par la pression des gilets jaunes, la macronie vient de perdre la majorité absolue à l’Assemblée ; et les décisions à prendre bientôt pour construire l’après-virus, du  Ségur de la santé  aux innombrables  conséquences socio-économiques de la crise, vont amplifier son instabilité.

La CGT (ou plutôt une certaine fraction de celle-ci ?) s’est illustrée par son entrave au redémarrage de l’usine Renault de Sandouville. C’était antérieurement  à l’annonce d’un plan d’économies par le groupe au losange.

 

La théologienne Anne Soupa a eu une idée astucieuse et non dénuée d’humour pour faire entendre médiatiquement la voix de ceux qui reprochent à l’Eglise de n’accorder qu’une place secondaire aux femmes : briguer symboliquement la succession du cardinal Barbarin à  l’archevêché de Lyon. Une façon selon  elle de « tendre la main » à l’Eglise. Elle se dit prête à en parler avec le nonce apostolique…qui n’a pas réagi publiquement (pour l’instant). Manifestement , elle estime trop timide la création par le pape d’une commission chargée de réfléchir à l’accès des femmes au diaconat. 

 

 

Antoine Sebaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Dernière modification : 08/07/2020