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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
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Editorial : Le déclin du mariage chrétien : quel enjeu social ? 

Il y avait en France 227 000 mariages entre personnes de sexe différent en 2017, contre 265 000 en 2008. Dans le même laps de temps, le nombre de mariages catholiques est passé de 88 500 à 50 700 (source : Statista). Ainsi quand le nombre de mariages civils baisse sur dix ans de 15,5%, le nombre de mariages catholiques s’effondre de près de 44%. Cet écroulement est presque trois fois plus rapide. A-t-on vraiment pris conscience de l’ampleur de cette évolution ? Il se peut qu’il y en ait qui se réjouissent de ce recul de l’influence de l’Église sur la vie sociale ; certains, même au sein de l’Église, comprendront très bien cette régression qui met en évidence un idéal qui serait déconnecté des réalités et inatteignable y compris par les plus motivés. Mais n’est-ce pas là faire le choix d’une approche individualiste ?

 

La perspective chrétienne va vers autrui. S’agissant du mariage et de la famille, elle y voit, au-delà d’un choix personnel, un engagement indispensable à l’ensemble de la société. Pas seulement parce qu’on y produit des enfants et donc qu’on prépare le long terme. Mais surtout parce que le projet familial aide à expérimenter et affermir des vertus sociales, c’est-à-dire indispensables au fonctionnement d’une véritable société : altruisme, écoute, dialogue, vérité, patience, soin, responsabilité, transmission, fidélité, pardon, respect, compassion, solidarité, partage, équité, maîtrise de soi, sens de la fête, … Bien sûr, ça ne marche pas toujours ; évidemment c’est un combat quotidien ; naturellement cela coûte ; mais cela peut aussi apporter au-delà de toute attente ; … Cette perspective n’est d’ailleurs pas le monopole des chrétiens ; beaucoup de familles la vivent et veulent la vivre, peut-être imparfaitement ; les sondages montrent continûment que la place de la famille est prioritaire dans l’esprit des Français.

 

Maintenant, regardons autour de nous ; voyons ce que les médias nous servent quotidiennement, non sans malice parfois. Regardons par exemple les thèmes et les comportements de cette campagne pour les élections régionales et départementales en France. Nous voyons bien que ces vertus sont à la peine dans notre société. Nous constatons aussi que beaucoup le déplorent, surtout ceux qui s’alarment pour les enfants et les jeunes. Il est donc grand temps d’arrêter d’esquinter la famille, elle est sans doute un élément, peut-être même le premier, de la solution de nos maux sociaux ; peut-on mieux en comprendre le potentiel pour la promouvoir et les difficultés pour l’aider ?

Hervé L’Huillier

 

 
Dernière modification : 24/06/2021