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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
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Editorial

Et maintenant, guérir ce monde « cassé »

 

 

Après la Seconde Guerre mondiale, Gabriel Marcel parlait d’un « monde cassé ». C’est une expression qui pourrait aussi convenir pour qualifier la situation après que la pandémie sera passée. Nous nous étions habitués à l’idée d’une société fracturée et comprenions plus ou moins bien que l’urgence était de recoudre. Mais désormais, c’est « l’engrenage entier de la grande machine » qui n’a plus la force de l’évidence, au point que, pour la faire repartir, les solutions les plus contradictoires et pas forcément les plus efficaces sont alignées dans les médias. Cela présage des affrontements qui pourraient ajouter une autre crise à la crise.

 

Les décisions des gouvernants laissent croire que l’argent est la solution. Dans le monde d’hier, on disait que « les marges de manœuvre étaient inexistantes » et nous nous alarmions de la dette que nous allions laisser à nos enfants ; et maintenant tout serait devenu facile, comme si « Tonton Cristobal était revenu » : les milliards seraient mobilisables par centaines : pourquoi les métiers et les corporations et tous les laissés pour compte qui se jugent mal servis depuis des décennies ne réclameraient-ils pas leur part ? Pour beaucoup l’heure est donc venue de réclamer, avec violence si nécessaire.

 

Dans notre pays, partiellement construit sur la jalousie et la revendication, il semble impossible de faire comprendre que tous ont intérêt à la réussite et à la prospérité des autres. L’exemple des décideurs et des vedettes tel que le montrent les médias invite plutôt chacun à tirer les marrons du feu pour lui-même et pour son clan. Or c’est précisément l’inverse qu’il faudrait : l’heure est venue où, au lieu de chercher à gagner les uns aux dépens des autres, chacun se sente appelé à donner le meilleur de lui-même pour recoudre, réparer, peut-être refonder ; devenir les soignants de ce ‘grand corps malade’ mais bien vivant qu’est aujourd’hui notre monde. Certains diront que nos gouvernants, nos responsables politiques, économiques, syndicaux, …, ne nous entraînent pas dans cette voie ; est-ce toujours vrai ? et même, est-ce une raison suffisante pour ne pas inciter à s’y engager et pour se priver de partager la joie de reconstruire ensemble la grande machine là où nous sommes placés ? Nous en avons tous, quelle que soit notre situation, les moyens, car « l’esprit est manifesté à chacun en vue du bien de tous ».

 

Certains de nos membres, regardant le monde avec sympathie et sans se laisser impressionner par les visions apocalyptiques qui brouillent la prospective,  ont exprimé dans des synthèses courtes les attentes que cette grande épreuve suscite chez eux dans des domaines qui leur sont familiers. Puissent ces réflexions favoriser le débat et trouver leur fécondité chez ceux avec qui nous les partagerons.

 

Hervé L’Huillier

 

 
Dernière modification : 08/07/2020