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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 

Résultats du 3ème trimestre

Le nombre de réponses au baromètre est de 18 dont 16 comportent des commentaires.

 Deux événements dominent :

- le conflit russo-ukrainien

- l’avis du Comité d’éthique sur l’aide à mourir.

 

En classant les événements par ordre de poids donné par les capteurs, nous avons :

 

1 L’aggravation du conflit Russo-ukrainien et l’implication croissante de l’Occident: Cité 11 fois avec un poids de 31, et avec une appréciation unanimement négative en réalité (-1,55) mais aussi en conséquences (-1,45).

Tous les commentaires sont négatifs, en relisant cet événement et ses conséquences dramatiques pour les populations à la lumière des valeurs chrétiennes. « L’Europe est en feu, les nationalismes explosent ».Cet événement montre « jusqu’où peut aller le cynisme. On provoque la guerre pour avoir un support de négociation sans se soucier des conséquences de la guerre. » Un autre évoque les conséquences de la guerre : « reconstitution de l’OTAN ? validité de la menace nucléaire ? repositionnement des Etats d’Europe centrale ? »

« Les Evangiles nous enseignent l’amour du prochain et de tout faire pour préserver un état de paix dans le monde. Prions fermement pour que la situation s’apaise ». « L’esprit du mal si fort à l’œuvre dans notre monde nous presse de mettre ou de remettre le combat spirituel au cœur de nos existences. Je pense à la méditation des deux étendards dans les Exercices spirituels de Saint-Ignace. Il y a urgence. »

Un commentateur « voit du positif dans la résistance que les Ukrainiens imposent aux troupes russes, même si pour partie cette évolution tient à la fourniture d’armes et d’aides à l’Ukraine. Il me semble conforme aux valeurs chrétiennes de défendre son pays ; d’obtenir de l’aide des pays amis quand on est en situation de grande fragilité ; de ne pas accepter que la faute politique de l’invasion puisse l’emporter ; de lutter avec détermination contre un régime dangereux pour le monde et pour son propre peuple ».

Un commentateur relève que « dans les soubassements du conflit, se trouvent de très vives dissensions au sein de l’Eglise orthodoxe, qui ne datent pas d’hier : entre le patriarcat de Moscou versus le patriarcat de Constantinople et même jusqu’au sein des églises ukrainiennes. Ni l’image des religions ni la démarche œcuménique n’en ressortent grandies ; même le Pape s’est vu suspecté de complaisance »

« Cette « tragique et folle guerre » doit cesser… Il est urgent d’organiser, voire d’imposer la cessation immédiate des combats fratricides en mobilisant tous les moyens diplomatiques et en mettant fin aux livraisons d’armes et aides financières à caractère militaire » : conférence de paix pour fixer le statut de l’Ukraine sur le plan interne (pourquoi pas passage d’une structure unitaire à une structure fédérale permettant d’intégrer comme Etats fédérés les provinces annexées par la Russie ?) et sur le plan international (neutralité et non accès à une alliance militaire (OTAN ou UE),  mettre alors, sans délai, fin aux sanctions contre la Russie pour éviter qu’à la crise militaire ne se superpose une crise économique et sociale grave pour bon nombre en Europe et dans le monde, accord international pour fixer le cadre des relations entre l’Europe, les Etats-Unis et la Russie».

 

 

2 Le comité d’éthique ouvre la voie à une « aide à mourir » très encadrée :cité également 11 fois avec un poids de 27 . Cet évènement est jugé presque unanimement de façon négative, un peu plus en réalité ( -1,45) qu’au niveau des conséquences (-1,27)

C’est l’événement le plus commenté, de manière contrastée : « Bien contrôlée pourquoi pas ? Nous n’avons pas demandé à naître ! » dit un commentateur. « L’expérience manque pour une juste appréciation de la grande souffrance… Il faut souhaiter que la mise en œuvre du suicide assisté soit très encadrée. Parallèlement le développement des soins palliatifs est absolument nécessaire mais leur extension est longue et coûteuse ».

Les autres commentaires sont très négatifs « C’est une atteinte majeure à la dignité de l’homme et au commandement divin » ou « Qui est le maître de la vie ? ». « On n’encadre pas un suicide, on le constate… Chacun a le droit de choisir sa mort, de se suicider. La société a le devoir de défendre la vie plutôt que d’encourager la mort. Et un chrétien a le devoir et le droit de respecter sa propre personne créée par Dieu… Ce débat indique que la pensée d’un humanisme sans Dieu est privilégiée… Question pratique : quand un pompier sera appelé par un voisin parce que quelqu’un a tenté de se suicider,  devra-t-il le sauver ou bien lui faire une nouvelle piqure mortelle ou le jeter du balcon ? »

Certains craignent l’évolution habituelle en bioéthique : « On sait bien comment on glisse progressivement de l’exception à la règle générale. Si on fait cela, dans dix ans ce sera ouvert à tous avec des entreprises en concurrence sur ce marché ». « Sitôt la loi promulguée, les partisans les plus acharnés de l’aide à mourir repartiront au combat. Pour preuve le fait que cette nouvelle évolution est proposée sans même qu’ait été évalué l’impact de la loi Claeys-Leonetti présentée à juste titre au moment de son vote comme équilibrée ». Un autre considère l’ouverture vers une aide légale à mourir « comme un laissez-passer vers l’euthanasie de masse... On doit craindre que le suicide assisté sera jugé comme un acte bon, concourant au bien commun… C’est donc vers une extension large que l’on peut prévoir l’avenir de cette mesure prétendument très encadrée. Maintenant, comment les chrétiens sauront-ils humaniser cette évolution ? ».

Pour un bénévole accompagnant des malades en fin de vie, « la dignité de la personne humaine ne vient ni de ses succès, ni de sa force, ni de sa santé, elle ne s’exprime pas dans la puissance, elle se dit dans la fragilité, jamais ne se mesure à l’apparence. Comment accepter alors de laisser confisquer le sens de ce mot pour en faire un argument en faveur de l’euthanasie ? Qu’est-ce que mourir dans la dignité ? Et qui peut prétendre que cela aille avec la décision pour chacun d’en fixer le moment ? « Veillez donc, nous dit Jésus dans l’Évangile de saint Matthieu, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». La demande d’euthanasie disparaît le plus souvent dès qu’on prête aux malades écoute et tendresse, signe qu’elle est d’abord une demande de présence, de reconnaissance, j’ose dire d’amour ». Et de souhaiter que les débats à venir soient « une pressante incitation à développer les soins palliatifs et à améliorer encore leur qualité ! »

Pour un autre enfin, « la transgression du serment d’Hippocrate devrait être réservée au seul cas de souffrance intolérable, ôtant la conscience, mais qui relève de l’euthanasie et non de l’assistance au suicide ».

 

 

3 Enseignants, soignants… désaffection pour les métiers en charge d’autrui ? : cité 9 fois avec un poids de 15 et une appréciation négative en réalité (-1,22) et en conséquences       (-1,29).

Les commentaires sont très négatifs. « Cette question est très inquiétante, gravissime ». Or « Cela concerne l’avenir de la Nation … Il est urgent de revaloriser les métiers constitutifs de ces professions et pour les soignants de suivre une programmation à moyen et long terme de formation et de recrutement… ». Cette désaffection reflète « la dégradation du tissu social, l’individualisme triomphe partout, autrui connais pas…». « La société française semble incapable de voir que le bien commun des générations futures demande d’inverser l’ordre des priorités publiques parmi les investissements matériels et immatériels et qu’il est absurde de compter sur le bénévolat et la générosité de quelques-uns pour compenser la dégradation des systèmes de santé et d’éducation ». 

Comment y remédier ? Les augmentations de salaires, même si elles sont indispensables, ne suffiront pas, car cette désaffection « témoigne aussi d’une perte de sens quant aux missions assignées à ces professions ». En cause également « les campagnes de presse qui ne mettent en avant que la souffrance, la pénibilité, la désorganisation de ces services comme l’absence de projet de réformes proposées par les politiques ». « C’est une politique globale de valorisation des métiers de la santé et de l’éducation qui s’impose, dans laquelle le rattrapage des rémunérations n’est qu’une composante ». Un commentateur évoque une dimension religieuse : « La religion chrétienne apprend à voir autrement qu’à travers le prisme étroit de l’argent et à ne pas oublier que ses semblables sont des frères et sœurs, appelant à davantage de solidarité ».

Pour un commentateur, la désaffection ne concerne pas que ces métiers mais « le travail proprement dit », ce qui rejoint le débat « travail ou allocations ».

 

4 « La France au travail, plutôt que la France des allocations » : cité 6 fois avec un poids de 9 et une appréciation nettement positive en réalités (+1,17) mais surtout en conséquence : (+1,50).

Tous les commentaires approuvent cette formule du secrétaire national du PCF, qui affirme la supériorité du travail sur les allocations permettant de vivre sans travailler, rejoignant ainsi l’Evangile et la pensée sociale chrétienne dans leur valorisation du travail. Pour un commentateur, il y a «une absolue nécessité d’élargir l’écart souvent très minime entre les plus faibles rémunérations salariales et les allocations, si l’on veut favoriser le travail, développer l’emploi et relancer l’économie ».

 

5 Dérèglement climatique, « fin du mois contre fin du monde », quelle équation pour le gouvernement ? Retenu par 5 capteurs, avec un poids de 9;les jugements sont partagés, proches de l’équilibre (+1,0 ; 0)

Un commentateur note une prise de conscience de plus en plus généralisée du dérèglement climatique mais « pour quelle efficacité ? ».  Pour un autre, « la contrainte de la fin du mois ne doit pas l’emporter sur la mise en place d’une stratégie énergétique qui ne peut se décliner que sur le long terme… La qualité de la fin de mois dépend du courage manifesté à un moment donné pour engager les politiques structurelles de moyen et long terme sans attendre la fin du monde qui de toute façon se produira ». Depuis la guerre en Ukraine, « les impératifs énergétiques du court terme ont pris une acuité considérable… Comme toujours l’urgence du moment l’emporte sur l’importance de l’enjeu de moyen terme… Il n’y aura pas de virage significatif tant que nos existences quotidiennes ne seront pas perturbées plus gravement par les conséquences de la crise climatique et environnementale qu’elles ne le sont par les événements géopolitiques du moment. »

 

6 L’Afghanistan frappé par de multiples crises : faut-il aider les dictatures ? : cité 4 fois avec un poids de 7.

Les réactions sont plutôt négatives, (-0,75 en réalité et -0,25 en conséquences).

 

Il ne faut pas aider les dictatures mais les combattre, répond un commentateur. Un autre est catégorique : « Oui ! les populations ne doivent pas être otages et victimes de la lutte contre leurs dictateurs. Les sanctions économiques sont pour ces populations une double peine ». Un autre pose cette question : « Existe-t-il une voie pour venir au secours de populations victimes de l’oppression de pouvoirs politiques dévoyés et de drames de toutes natures : alimentaire, sanitaire, éducative, etc. ? ». « Cet évènement met en lumière le dilemme entre intervenir pour protéger des populations et laisser faire pour respecter la liberté des gouvernements et l’indépendance des pays… Ce dilemme n’a pas de solution car les deux objectifs peuvent être confondus au moment du début de l’intervention armée… Une voie raisonnable serait de penser et de construire l’après-intervention dès le début de l’intervention. »

 

7 L’avertissement du Pape au chemin synodal allemand : Cet évènement a été cité 4 fois avec un poids de 6. Les appréciations sont globalement positives, en réalité (+0,33)  et en conséquences (+1,00).

 

Cet événement interroge. Est-ce un « indispensable coup de frein à certaines dérives, ou un simple désaveu formel ? ». Il montre que l’unité de l’Eglise est toujours à défendre : « Elle tiendra mais il y a du Luther qui ressort ». Pour un autre, « Cet événement me semble particulièrement délicat pour l’avenir de l’Église en Europe. Pressé par les conservateurs, le Pape veut obliger la démarche engagée en Allemagne à rentrer dans le rang du processus synodal de l’Église universelle… La préoccupation du Pape est bien résumée par la formule suivante, dans un entretien accordé à des revues jésuites : l’Allemagne a déjà « une très bonne Église protestante ». « Nous n’en avons pas besoin de deux ». Mais la position du pape présente un danger opposé, qui serait de décourager un peu plus les catholiques, en Allemagne et ailleurs, qui aspirent à des réformes de la gouvernance de l’Église et qui se sont engagés dans une démarche exigeante de dialogue entre les laïcs et la hiérarchie ecclésiale. »

 

8 650 entreprises à mission recensées : Cité 3 fois avec un poids de 4 et une appréciation nettement positive (+1.67 en réalité et en conséquences).

Trois commentaires très positifs sur ces entreprises qui cherchent à combiner performance économique et responsabilités envers la société, conformément à la pensée sociale chrétienne. « C’est une voie pour renforcer la cohésion sociale et la démocratie ».

 

9 L’accord sur l’exportation de céréales depuis l’Ukraine : a été cité également 1 fois avec un poids de 1 ; jugé comme positif en réalité et en conséquence (+1,00).

Pas de commentaire

 

10 La célébration à l’abbaye de Westminster : Cité 1 fois avec un poids de 1 et une appréciation positive (+1.00), et un commentaire : c’est « un témoignage utile, malgré ses apparences désuètes, d’une foi vécue et maintenue au sein des institutions publiques »

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C. Robert - F. Malrieu

 

 
Dernière modification : 31/10/2022