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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 

Résultats du trimestre

Le nombre de réponses au baromètre est de 17 qui toutes comportent des commentaires.

 Deux événements dominent largement :

 le rapport de la Ciase

 la majorité des Français déclarent ne pas croire en Dieu

 

Aucun événement n’a été ajouté.

 

Tous les événements ont été jugés globalement comme négatifs

 

En classant les événements par ordre de poids donné par les capteurs, nous avons :

 

1. Le rapport CIASE crée un choc dans l’Eglise de France et dans la société : Cité 16 fois avec un poids de 44, et avec une appréciation assez largement négative particulièrement en réalité (-1,19) mais aussi en conséquences (-0,63).

Cet événement est commenté dans toutes les réponses sauf une. Il est qualifié de choc, de séisme, pour l’Eglise, avec des effets très négatifs du fait du nombre des victimes, mais de ce choc tous espèrent des conséquences positives.  « Ce rapport apporte une grande souffrance aux catholiques en France et dans le monde, mais il met fin à une hypocrisie et ouvre la voie à de profondes modifications dans le gouvernement de l’Eglise ». « Un choc salutaire qui permettra peut-être à notre Eglise de prendre un chemin renouvelé ». « En se reconnaissant coupables envers le Christ présent dans l’enfant, les évêques ont dégradé leur propre crédibilité mais se sont montrés serviteurs du Christ ».

« La libération de la parole en soi est un bien et va dans le sens des valeurs chrétiennes, notamment vis-à-vis des victimes. Mais il y a aussi des aspects négatifs : victimisation, judiciarisation, chantages… L’Eglise de France (constituée d’hommes, donc faillible) se trouve ainsi mise sur la sellette avec des conséquences pour elle très négatives en termes d’image et de finances. Espérons que sa réaction sera de prendre les justes mesures (sans nier les faits ni les minimiser) et de se consacrer surtout à sa mission ».

« L’image et l’autorité morale de l’Église ont été fortement atteintes dans la société française. Mais on peut penser que de ce désastre un bien peut émerger, à la condition que l’ensemble des évêques soient réellement décidés à ouvrir deux chantiers, la réparation des abus commis d’une part, la réforme de la gouvernance de l’Église en France, pour ce qui les concerne. Sur le premier, des espoirs sont permis au vu des engagements pris à Lourdes par l’assemblée des évêques. Sur le second, le doute est beaucoup plus fort. Réformer la gouvernance suppose notamment de s’attaquer vraiment aux causes du cléricalisme que dénonce le pape lui-même, et les résistances seront considérables à tous niveaux, y compris chez beaucoup de laïcs. Mais on a le droit de croire que l’Esprit est à l’œuvre… ». D’autres commentateurs sont aussi sceptiques sur les propositions de réforme :  «  L’Eglise de France saura-t-elle les mettre en œuvre? La gouvernance mérite une réflexion très attentive que je ne vois pas venir, en tout cas pas sur le terrain… Cléricalisme pas mort! » ou « La démission de l’archevêque de Paris ajoute à la crise fondamentale de gouvernance de l’Église qui transparaît dans le rapport. Il est d’ailleurs tout à fait scandaleux que des évêques n’aient pas été démis ou n’aient pas démissionné et que n’ait pas été mise en cause toute la communauté des évêques émérites qui ont été à la tête des diocèses dans les années du rapport ».

Un commentateur s’interroge : « Faut-il mettre en exergue l'étendue des faits révélés (contestée par l'Académie catholique) ou bien au contraire la démarche de vérité de nos évêques ? Les questions soulevées sont nombreuses, parmi elles certaines portent sur le célibat des prêtres. A ce sujet ne devrions-nous pas nous inspirer de l'orthodoxie, ou du rite gréco-catholique ? En 2018, au séminaire gréco-catholique de Lviv (Ukraine), seulement 15% des prêtres formés choisissaient de s'engager dans le célibat ». Pour un autre, « la publication de chiffres affolants ne peut que desservir gravement l’Eglise catholique en France » alors qu’un autre note que ce rapport fait de l’Eglise la pionnière de l’action anti-abus sexuels.  « Mais qui le dira ? » 

 

2. La majorité des Français déclare ne pas croire en Dieu : cité 9 fois avec un poids de 2 ; jugé négativement en réalité (-1,33) et en conséquences (-1,11).

 

Pour plusieurs commentateurs, ce n’est pas une nouveauté : « L’existence sans Dieu a engendré la négation de l’existence de Dieu ». «Cette constatation vient corroborer la perte de sens et de repères chrétiens qui atteint notre démocratie ». Dieu est déjà absent depuis longtemps dans la société ». « On ne peut plus dire que la France est un pays chrétien ce qui peut présager de graves conséquences pour l’avenir du pays ».

Certains y voient néanmoins une chance si ces évolutions « recentrent les chrétiens sur l’amour du prochain plutôt que sur des rites autocentrés ». « La minorité qui croit et qui a la chance d’avoir reçu la foi en tant que don de Dieu a pour mission d’éclairer ceux qui en ont moins ». « La brutalité de cette information devrait nous inciter à sortir de notre routine comme le recommande le Pape François »

Un commentaire relativise ce résultat : « Comme l’affirme C.G. Jung, il y a dans tout homme une foi dans un « être suprême », un au-­­delà, une vie après la vie . C’est pourquoi, depuis plusieurs milliers d’années, les hommes enterrent leurs morts (ce qui les différencie des animaux), célèbrent des cultes, et bâtissent des édifices qui ne servent à rien, sinon à rendre hommage à Dieu. D’ailleurs, l’athée est celui qui parle le plus de Dieu (pour le nier). Alors, un sondage … »

Un autre enfin s’interroge sur « quel est le Dieu auquel on croit ou on ne croit pas ? « Si l’on ne croit pas en un Dieu qui « fait le kéké » dans son ciel ou qui serait supposé répondre à tous nos désirs quels qu’ils soient, je n’y vois pas grande difficulté … Maintenant, si le Dieu de la question est ce Père qui me met en communion avec tous ceux qui m’entourent, m’aide à voir que « dans le plus froid avare, au centre de la prostituée et du plus sale ivrogne, il y a une âme immortelle qui est saintement occupée à respirer et qui, exclue du jour, pratique l’adoration nocturne, … , alors, si c’est ce Dieu-là que les gens ne sentent pas, même presque imperceptiblement, en eux et chez les autres, premièrement je doute que ce soit si vrai, et deuxièmement, si cela se confirmait, j’en serais infiniment triste ».

 

3. La Biélorussie instrumentalise les migrants, via la Pologne, pour faire pression sur l’Union Européenne : cité 6 fois avec un poids de 9. Les réactions sont également négatives, de façon unanime.  (-1,67 en réalité et (-1,33) en conséquences).

 

Les commentaires dénoncent l’utilisation des migrants comme moyen de chantage. Cela « place les autorités et les citoyens devant un dilemme insupportable : paraître renier les valeurs admises ou perdre toute crédibilité ». Cela peut « s’assimiler à des faits de guerre avec des crimes contre l’humanité. Les valeurs chrétiennes sont bafouées, l’Europe ne manifeste plus sa civilisation ». Mais pour un autre, « de quelles valeurs notre société européenne postchrétienne peut-elle se réclamer ? Certes du fragile respect de la démocratie? Mais les valeurs de la bioéthique sont constamment mises à mal en Europe : droit à l'avortement au-delà de 12 semaines, droit au suicide assisté et à l'euthanasie, - droit au mariage pour tous et à ses conséquences (PMA pour toutes, et GPA) …Cela est peut-être en relation avec l'absence de foi en Dieu? »

Des questions sont posées :  « l’Europe pourrait-elle enfin reconnaître que vu sa démographie (sauf la France elle a besoin d’intégrer du monde, si possible formé ? » ou « quel jeu joue la Russie ? »

 

 

4. La situation sanitaire provoque des tensions insurrectionnelles aux Antilles sur fond de crise sociale : Cet évènement a été également  cité 6 fois avec un poids de 9. Les appréciations sont mitigées, mais globalement négatives, en réalité ( -1,33) et en conséquences (-1,00).

 

Pour un commentateur, « les incertitudes sur l’efficacité des vaccins révèlent l’ampleur du malaise social dans les départements d’outre-mer ». Pour un autre, « les tensions insurrectionnelles traduisent un ras-le-bol sur fond de crise sociale et de développement de la pauvreté. Cela creuse les inégalités et rend le dialogue avec les autorités responsables de plus en plus difficile. Le développement de l’inflation amplifie ces phénomènes. Ce qui se passe aux Antilles traduit symboliquement une situation que l’on peut retrouver en métropole, et les politiques, tout comme pour la gestion de la crise sanitaire, semblent désemparés et à la recherche de solutions pour calmer le jeu et construire un avenir serein ».

Pour un autre, « peut-on continuer à proclamer que c’est la France? Nous n’avons pas été à la hauteur (voir chlordécone!). Il faudrait un plan de remise à niveau de grande ampleur. Je ne vois pas qui pourrait s’y coller... ». Une question : « L’écoute du ministre d’outre-mer a-t-elle été suffisante ? »

 

5. La contestation par la Pologne de la primauté du droit européen : retenu par 4 capteurs, avec un poids de 8 ; il donne lieu à des appréciations unanimement négatives -1,25).

 

Les commentaires sont négatifs : « Un nouveau coup de boutoir dans la construction de l’Europe », « Une Europe qui se déshonore », « Cela ouvre la voie à une nouvelle fracture. Faudra-t-il se résoudre à l’éclatement de l’Europe ? Pour la grande joie de Poutine. »

Pour un commentateur, « La Pologne n'est pas la seule à contester la primauté du droit européen ; un certain nombre de souverainistes de divers pays d'Europe le font également. Or sans l'Europe, aucun pays européen n'atteint la taille critique pour exister sur le plan mondial. Nous sommes voués à coopérer entre Etats européens, en nous réinventant d'urgence un nouveau projet commun. Mais ce que nous enseigne la contestation de la Pologne, c’est que l'administration de Bruxelles n'est pas sans faille »

Toutefois, pour un commentateur, « on peut concevoir une Europe fédération de nations gardant leurs lois sociales et morales propres ».

 

6. La hausse concomitante des prix mondiaux de l’énergie, des matières premières et des produits agricoles : cité 3 fois avec un poids de 4 et une appréciation plutôt négative en réalité et en conséquences (-0,33)

 

Un commentaire y voit deux causes : l’une, la reprise de l’activité économique après le choc de la pandémie, et l’autre, à long terme, l’écologie radicale qui impose sur toutes les chaînes de valeur des arrêts ou des adaptations coûteuses ». D’où l’inflation renaissante qui « se traduit normalement par l’appauvrissement des plus fragiles et l’accroissement des inégalités, ce qui ne favorise pas l’advenue de sociétés plus justes et plus solidaires ».

Un autre privilégie également l’aspect structurel de ce phénomène « dans un contexte de remise en cause de la mondialisation des échanges, de guerre économique entre les superpuissances, avec en prime l’accession de la société chinoise à un niveau de vie moyen qui crée une forte demande sur son marché intérieur, venant aggraver les pénuries sur les marchés mondiaux. Les tensions inflationnistes devraient s’accroître, avec une augmentation des risques d’inégalités sociales déjà grandes ».

 

 

7. Malaise et démissions dans le monde enseignant et hospitalier : a été cité 2 fois avec un poids de 3 ; jugé négativement en réalité (-1,5) et en conséquences (-2,00).

Pour un commentateur, c’est « un signal avant-coureur extrêmement grave ». Cette situation résulte pour le monde enseignant d’un « processus de dévaluation depuis des décennies : manque de moyens dans les universités, organisations défaillantes…, rémunérations indignes du métier… ». Quant à l’hôpital public, il souffre du « credo libéral qui a voulu lui appliquer des critères de rentabilité économique inadaptés à la santé ». « L’avenir à moyen terme de notre pays est menacé par la dégradation de deux systèmes-clé pour construire et entretenir un lien social solide dans l’ensemble d’une société ».

Un commentaire indique que le nombre de démissions ne représente que 0,2% de la totalité des enseignants mais que ce taux est plus élevé chez les jeunes.

 

8. Départ d’Angéla Merkel : une autre Allemagne, une autre Europe : Cité 2 fois avec un poids de 2 et une appréciation équilibrée.

 

Les commentaires saluent Angela Merkel  « que l’on savait réellement éprise de valeurs chrétiennes, au point de les faire inspirer sa politique, y compris sur les migrants… nombreux sont ceux qui ressentent qu’un « ange passe » et plus gravement encore … est passé. »  « Ses positions globalement favorables à tous ceux qui voulaient rentrer en Europe manifestaient un certain sens limité de l’hospitalité. Il semblerait que certaines options qu’elle a contribué à mettre en œuvre ne puissent être remises en cause, allant dans un sens de la tolérance et de l’ouverture ».

Ils sont inquiets pour l’avenir. « Son départ risque d’apporter une déstabilisation dans la gouvernance de l’Europe. Elle avait par sa présence construit un dialogue entre les différentes nations qui avaient évité, avec le soutien de la France, l’éclatement de l’Europe ».  « Désormais on peut craindre que le moteur européen soit grippé, ou bien à cours de carburant… ; des divergences fortes se font jour entre les deux pays, notamment sur le nucléaire et plus largement la politique énergétique ».

 

 

9. Objectif, procédés et opacité : les GAFA inquiètent : Cité 2 fois avec un poids de 2 et une appréciation très négative (-2,0).

Un commentaire très négatif : « La surpuissance des Gafa piétine le sens de l’humain »

 

10. La condamnation du président Sarkozy à la prison ferme  : cité 1 fois avec une appréciation négative : -1,00.

Un commentaire très négatif : « Une République qui se déshonore ».

 

 

 

C. Robert - F. Malrieu

 

 

 
Dernière modification : 04/01/2022