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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 

Résultats du trimestre

Le nombre de réponses au baromètre est de 21 dont 15 comportent des commentaires.

 Trois événements dominent :

L’affirmation de la Chine

La reprise de l’Afghanistan par les talibans

Les manifestations du dérèglement climatique.

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Comme on pouvait l’anticiper, à la lecture des évènements proposés, la tonalité d’ensemble est assez nettement pessimiste : l’appréciation globale ressort à -1.25. Les commentaires, abondants, de ce baromètre permettent d’en éclairer les raisons .

 

Face à tous ces événements négatifs, un capteur note que « notre situation est encore très favorisée. Un peu de réalisme et de courage SVP » et un autre appelle à l’espérance chrétienne alors que la situation fait penser à l’affirmation de Pascal « Misère de l’homme sans Dieu ». 

 

En classant les événements par ordre de poids donné par les capteurs, nous avons :

 

1. L’affirmation d’une Chine de plus en plus conquérante et dictatoriale Cité 13 fois avec un poids de 32, et avec une appréciation unanimement négative (-1,54 en réalité et 1,62 en conséquences).

Les commentaires manifestent l’inquiétude : « La Chine se prépare à la guerre et a maintenant la capacité de la faire « en grand ». Les discours du Président ressemblent à ceux de Hitler à une certaine époque ». « La Chine apparait comme un État nationaliste et totalitaire, qui se place au sommet de toutes valeurs, dans la lignée des nationalismes athées, en totale opposition avec la vision chrétienne. »

« Le monde est clairement maintenant confronté à un géant économique qui veut mettre sa capacité au service d’une volonté de puissance politique exprimée par un régime dictatorial. Dans cette dynamique la Chine conserve au moins deux faiblesses structurelles, sa démographie et les inégalités sociales internes. Xi Jinping s’emploie désormais à les réduire, mais la première va pénaliser durablement le pays.  Il n’empêche que les conditions sont bientôt réunies pour que les risques de confrontations armées s’ajoutent aux conquêtes industrielles et commerciales de la Chine. Les États-Unis ont vu depuis longtemps le danger monter, d’autant qu’il menace directement leur zone d’influence côté Pacifique, ce qui explique – au moins partiellement – leur désengagement progressif de la zone euro-asiatique, Europe occidentale comprise. Seront-ils capables de mettre, sans conflit, un coup d’arrêt à l’expansionnisme chinois ? Un début de réponse sera probablement apporté par le sort que connaîtra Taïwan. Et pendant ce temps-là l’Union européenne aura le plus grand mal à se situer et à trouver une position commune vis-à-vis de cette situation géostratégique… »

« L’évolution de la Chine apparaît à la plupart des observateurs comme un retour vers les fondamentaux de la période maoïste. Mais la situation a changé : l’interdépendance de l’économie chinoise avec le reste du monde ; l’importante diaspora chinoise présente dans tous les continents ; les avancées considérables des capacités militaires et spatiales. La Chine se met en ordre de marche pour dominer le monde avec sa vision propre de la prospérité, très différente de celle du monde occidental et du modèle proposé par les intuitions chrétiennes. Un retour à des fondamentaux maoïstes ne facilite pas le dialogue entre ces deux cultures. »

 

2. Les talibans reprennent le pouvoir en Afghanistan : cité également 13 fois avec un poids de 27. Les réactions sont également négatives, de façon unanime.  (-1,77 en réalité et en conséquences).

Les commentaires sont très négatifs : « Une régression de première grandeur pour l’humanité » et pour la condition féminine. « Terrible négation de la valeur de la personne humaine » qui « instaure un régime de type iranien contraire aux Droits de l’Homme (condition féminine, libertés, en particulier liberté religieuse) ». « Une victoire de l’obscurantisme sur un des rares pays majoritairement chrétien ». Une situation « qui fait peser un risque de déstabilisation supplémentaire dans une zone particulièrement névralgique de la planète ». « La faute en est partagée, les Occidentaux ont leur part, mais le plus grave est la détérioration sans fin de la pensée et de la religion musulmane, piégée par les idéologies extrémistes qu’elles soient sunnites ou chiites, qui asservissent des peuples entiers, veulent mener une guerre sainte contre l’Occident athée, et nourrissent chez nous un rejet de plus en plus grand de l’Islam. Alors qu’il nous faudrait jouer au maximum la carte de l’intégration pour permettre à un Islam moderne de se légitimer en France et en Europe, et ainsi enlever leur pouvoir d’attrait aux « djihadismes ».

Cet événement illustre « les limites des interventions militaires dans les affaires intérieures des Etats quand elles ne sont pas associées à une action politique, sociale, économique, capable de donner une suite au rétablissement de l’ordre ou à la mise hors-jeu des éléments violents » et le dilemme entre laisser faire les massacres, les attentats, la violence se développant dans un pays au nom de la liberté des peuples, ou intervenir militairement pour sauver des innocents de massacres et de violences menés dans leur propre pays… Les voies de solutions, très difficiles à trouver et à mettre en œuvre, ne passent-elles pas par une coordination supra-nationale plus engagée dans la recherche de la paix et moins dans la recherche de la puissance et l’hégémonie nationale ? »

 

 

3. Manifestations croissante du dérèglement climatique : Cet évènement a été cité 7 fois avec un poids de 19. Les appréciations sont mitigées, mais globalement négatives, en réalité ( -0.71) et en conséquences (-0,86).

 

« C’est en soi une mauvaise chose ». « Territoires, santé sont gravement compromis à terme. Violences et nouvelles inégalités sont probables ». « Je suis inquiet pour les générations montantes ».

Cependant, une prise de conscience apparaît quant à notre mode vie, « qui porte en elle un changement des valeurs, un retournement des attitudes, un rejet de l’individualisme » et cette menace mondiale « qui ne peut être maîtrisée à l’échelle des Etats, les oblige à la coopération ».

 

Les autres évènements ont recueilli un nombre plus restreint d’appréciations 

 

4. Les retraits américains (Afghanistan, Irak) manifestent le recentrage des États-Unis sur leurs intérêts propres : cité 5 fois avec un poids de 10 et une appréciation fortement négative en réalité et en conséquences (-1,60)

Les commentaires vont évidemment dans le même sens. « L’affaire des sous-marins australiens en est l’illustration… la France est publiquement humiliée ». « C’est le grand retour à la réalpolitique qui annonce des temps plus durs, moins ouverts à la solidarité et à la recherche du bien commun ». « Combien d’années faudra-t-il pour que les citoyens européens prennent conscience de la nécessité de pouvoir engager une puissance collective dans le monde? »

 

 

5. Persistance du refus de la vaccination et du passe sanitaire : Cité 5 fois avec un poids de 7 et une appréciation négative en réalité et en conséquences (-1,40).

Un commentaire oppose « ce comportement non responsable et égoïste » à la solidarité des jeunes soignants, « une illustration des contrastes de notre société qui peut nous aider à comprendre pourquoi les valeurs chrétiennes ont autant de difficulté à se développer de nos jours ». Un autre le relie « à la perte du sens de la collectivité » dont relève l’abstention et invite l’OCHRES à se saisir du sujet. Un autre recommande « une politique très active de lutte contre les fausses nouvelles et les intox » et met en cause les chaînes d’information en continu. D’un point de vue scientifique, malgré les incertitudes, « la position actuelle « vaccination + mesures barrières » est celle qui paraît la plus raisonnable. La levée des contraintes (visées électorales?) doit être extrêmement prudente »

 

6. 400 jeunes soignants volontaires vont prêter main-forte aux Antilles : retenu par 4 capteurs, avec un poids de 7 ; il donne lieu à des appréciations unanimement positives (+1,50,+1,26).

 Les commentateurs saluent « un très bel exemple de solidarité nationale », « une magnifique manifestation de générosité des jeunes », « un signe très encourageant de la capacité d’engagement des jeunes pour des causes concrètes de solidarité » qui, pour ce capteur, est « le versant positif d’une attitude citoyenne complexe des jeunes générations », avec en négatif par exemple leur fort taux d’abstention aux élections.

 

 

7. Forte pénurie de main-d’œuvre en Europe : a été cité 4 fois avec un poids de 7 ; jugé négativement en réalité (-1,50) et en conséquences (-1,00).

 

« C’est une très mauvaise nouvelle », « elle freine la reprise économique en France ». Un capteur rappelle les chiffres : « Selon la dernière étude de la Banque de France, en juillet dernier, près de 1 entreprise sur 2 (48 %) rencontrait ainsi des difficultés de recrutement, contre 37 % en mai… et en même temps le taux de chômage a certes diminué, mais reste bloqué à son niveau d’avant-crise, 8 % au deuxième trimestre 2021 selon l'Insee, soit 2,4 millions de personnes. »

 « Elle pose les problèmes de la possibilité de vivre sans travailler, de l’insuffisance de la formation professionnelle, de la facilitation d’une immigration du travail ». Les causes en sont connues, en particulier « l'image négative et dévalorisante dont souffrent un certain nombre de métiers et de filières de formation qui y conduisent ». « La situation relève désormais d’un programme politique ambitieux, un projet de société dans lequel tous soient solidaires, c’est-à-dire responsables, de tous ». « Peut-être qu’une pression plus forte de la société pour encourager le changement de métier lorsque le chômage sévit dans un domaine et que des perspectives s’ouvrent dans un autre serait aussi une voie de solution à explorer plus fermement ».

 

8. Abstention massive, des jeunes notamment, aux élections régionales : cité 5 fois avec un poids de 6. Egalement jugé négativement en réalité et en conséquences (-1,40).

Les commentaires sont négatifs. C’est « un échec de la démocratie », qui risque « de faire la part belle aux autres formes d’expression politique, hors du jeu démocratique », au populisme et aux outils de communication non maîtrisés, à rapprocher des « incessantes manifestations » : Gilets jaunes, refus de la vaccination, du passe sanitaire et autres.

 

 

9. « Disparition » de la contrainte budgétaire ? : cité 4 fois avec une appréciation mitigée, mais globalement négative : -0,25 ;-1,00. Certains commentaires sont très critiques : « Le Président n’a cure de la situation financière de l’Etat alors qu’il se faisait 4 ans plus tôt le chantre de la bonne gestion, son intérêt a évolué… Mais nous avons les dettes et l’avenir est sombre ». « La croyance en la capacité des finances publiques à toujours satisfaire les besoins ou les demandes de chaque corporation ou de chaque cause sociale, syndicale ou politique est fortement ancrée dans la mentalité de l’opinion de notre pays. Elle limite la faisabilité des réformes, obère la recherche des voies d’amélioration de ce qui est fait et qui est considéré comme un acquis intouchable… ». « Il semble aujourd’hui en France que l’argent tombe du ciel comme la manne aux petites aubes blêmes du Sinaï… Alors que l’élection présidentielle se profile, on voit déjà des promesses de dépenses fleurir à profusion. Or, l’expérience historique rappelle que les déficits financiers se paient toujours et que ce sont les plus pauvres qui en sont les principales victimes. Et la vision sociale chrétienne exige la vérité (que mettons-nous en garantie de ces dettes colossales ? comment seront-elles remboursées ?), la justice (en particulier distributive), le débat (chacun est-il bien informé ?) ; elle demande une attention particulière aux plus fragiles ; elle fustige la mauvaise gestion de l’argent public… »

Un capteur donne toutefois un avis différent : « Enfin ! La limite du déficit à 3% du PIB a été inventée un week-end par deux statisticiens commis par le Président de la République, François Mitterrand... Elle était absurde, mais symbolique et n’a jamais été utile ! » et il recommande « de laisser aux gouvernements la liberté de se servir de l’arme budgétaire et d’équilibrer en moyenne les dépenses publiques par une politique fiscale appropriée. L’inflation était dans le temps la solution pour réduire la dette. Elle ne peut plus! Il faudra un jour ouvrir enfin un vrai débat public sur les impôts ».

 

10. Les prix des matières premières agricoles s'envolent : Cet événement n’a pas été retenu .

 

 

 

C. Robert - F. Malrieu

 

 

 
Dernière modification : 01/11/2021