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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
 

Résultats du 2ème trimestre

Le nombre de réponses au baromètre est de 19 dont 16 comportent des commentaires. Un événement domine :

 La Russie confirme son mépris des règles de droit international et des droits de l’homme.

Deux commentaires regroupant plusieurs événements (Russie, élection présidentielle, logique des blocs, avortement ) notent le recul « des valeurs communes sur lesquelles était édifiée la vie nationale et internationale ». Un autre au contraire voit des raisons d’espérer dans d’autres événements (unité européenne, accueil des réfugiés).

 

En classant les événements par ordre de poids donné par les capteurs, nous avons :

1- La Russie confirme son mépris des règles de droit international et des droits de l’homme : Cité 15 fois avec un poids de 40, et avec une appréciation unanimement négative particulièrement en réalité (-1,87) mais surtout en conséquences (-1,93).

 

C’est l’événement le plus commenté, de manière négative : s’agissant d’une puissance nucléaire, « c’est un danger permanent pour le monde ». « Tout conflit militaire est une régression des valeurs humaines et chrétiennes. L’envahisseur russe bafoue toutes les règles aux portes de l’Europe. On se croirait revenu 80 ans en arrière ». « Le régime Poutine était déjà connu pour son autoritarisme, sa brutalité et son nationalisme révisionniste. Il s’est enfoncé maintenant dans un totalitarisme qui rappelle furieusement l’époque soviétique, et qui a notamment pour carburant une hostilité aussi obsessionnelle que mal fondée vis-à-vis de l’Occident. » « Les droits de l'homme sont méprisés, bafoués ; ils n'en sont pas mieux reconnus en Chine : on voit de plus en plus émerger un bloc de pays totalitaires… C’est inquiétant pour le devenir de notre planète, cela fait reculer le développement des démocraties, ainsi que la préservation du caractère universel du droit international comme de la référence aux Droits de l'homme ». « Sans doute les Ukrainiens ne sont pas exempts de critiques ; gardons-nous de tout manichéisme. Mais ce que les dirigeants russes ont montré en s’engageant dans cette agression… venant d’un pays majeur, siégeant au conseil permanent de l’ONU, représente à mes yeux un virage à 180° vers une barbarie destructrice et un très mauvais exemple pour d’autres pays que ce chemin pourrait fasciner ». « La guerre, quelle catastrophe, notamment pour ce pays-martyr qu'est devenu l'Ukraine. La logique aurait été que l'occident prenne autre chose que des demi-mesures. Mais, face à la menace de guerre mondiale, que faire ? Accepter de s'appauvrir (les sanctions vis-à-vis de la Russie ont un coût pour l'occident)… En tant que chrétiens il est impossible d'être indifférent à ce que vit le peuple ukrainien… Un élan considérable existe de la part des pays libres d'Europe de l'Est. Dans la frange occidentale de l'Europe, la destruction de l'Ukraine altère seulement notre bonne conscience et notre confort. Comment faire pour arrêter cette guerre ? »

« L’ONU est bien démunie »

Plusieurs dénoncent l’attitude du patriarche Kyrill qui soutient Poutine. « Non seulement il vient d’en résulter une grave scission durable dans le monde orthodoxe, l’église d’Ukraine faisant sécession, mais également un discrédit de l’église orthodoxe russe sur le plan mondial. Ce qui ne pourra qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui voudront continuer de stigmatiser l’Eglise comme étant « l’opium du peuple » asservie aux dirigeants du pays : en Russie au cas présent, mais pourquoi pas plus largement ? »

 

2- L’unité européenne a tenu jusqu’à présent face à l’adversité (Brexit, Ukraine…) :cité 9 fois avec un poids de 14 . Cet évènement est jugé positivement  en réalité comme en conséquences (0,89).

Les commentaires sont positifs car l’unité européenne contre toute attente a tenu bon, face à la crise du Brexit par exemple. « C’est très réjouissant et encourageant ».

Face à l’Ukraine, « on peut espérer qu’il en sera de même mais il y a, pour le moins, des différences d’appréciation sur la stratégie à tenir vis-à-vis de la Russie et de Poutine. Par exemple, est-il opportun de poursuivre le dialogue comme le fait le président français ? Quel niveau d’aide militaire pour l’Ukraine… et quelle articulation avec les États-Unis ? » ou « l’Europe est invitée à accélérer sa construction politique (Défense) mais les replis nationalistes grandissent et les USA ne sont pas convaincus qu’une Europe alliée et forte soit préférable à une Europe morcelée ».

Un commentateur regrette que cette unité préservée soit «insuffisamment perçue et confortée ; sans doute parce que trop peu relayée par les médias »

Pour un commentateur, « Il semble nécessaire de prendre de la distance par rapport à la diabolisation systématique du président russe. Il y va de l’avenir de l’Europe et des relations entre la Russie et la France sachant que cette dernière est la seule nation du continent occidental à avoir en propre la dissuasion…La France se doit de tout faire pour tenter de mettre fin aux hostilités militaires, aux sanctions et à une soumission difficilement admissible aux USA. A cet effet, elle a à demander l’ouverture d’une conférence de paix avec l’objectif d’établir des rapports durables entre la Russie et l’Europe de telle sorte que les forces de l’OTAN s’éloignent des frontières russes et qu’en aucun cas l’Ukraine ne soit admise au sein de cette organisation. Si les hostilités s’arrêtent, si un traité de paix concernant toute l’Europe de l’Ouest et la Russie est signé, alors la crise que nous vivons aura fait progresser (hélas tragiquement) l’Europe et partant les valeurs chrétiennes ».

 

 

3– Six millions de réfugiés ukrainiens accueillis en Europe : cité 7 fois avec un poids de 13 et une appréciation très nettement positive en réalité et en conséquences (+1,29).

Les commentaires sont positifs : « Magnifique manifestation de solidarité », « une raison d’espérer ». Un autre suggère une analyse sociologique comparative de l’accueil des réfugiés ukrainiens et des réfugiés syriens.

 

 

4- Les élections présidentielles en France manifestent la crise de la démocratie  : cité 7 fois avec un poids de 12 et une appréciation négative en réalités et en conséquence : (-1,0).

Pour un commentateur, « une méfiance envers la politique pratiquée dans notre pays est indéniable…, alors que les crises se succèdent et que les décisions pour protéger notre santé, notre économie et notre vie sociale et spirituelles sont indispensables. » Un autre l’explique par « l’absence dans les programmes de tous les candidats de toute vision d’ensemble de l’avenir souhaité pour la France à horizon de 10 ans. Elle explique selon moi pour une grande part le désintérêt marqué par nos compatriotes vis-à-vis de cette élection et plus encore des législatives. On ne peut mobiliser un pays à partir de simples « listes de courses ». 

Pour un autre, « la démocratie est sans doute un peu malade, mais elle retrouvera sa vigueur quand les élites et les médias sauront parler un langage de vérité au peuple, lui proposer un projet de société ambitieux et crédible, et corriger le visage décevant qu’ils offrent. Tout espoir n’est pas mort ».

Enfin un commentateur s’interroge : « Faut-il parler de « crise » (au moins aussi visible aux Etats-Unis qu'en France) ou de « limites de la démocratie »? Les grands pays comme la Russie ou la Chine pourraient-ils maintenir leur cohésion sans un pouvoir fort ? La France est - après la Russie et l’Ukraine - le plus grand pays d'Europe. N'y a-t-il pas des limites à la démocratie pour la cohésion d'un grand pays ? »

 

5- Le système de santé français à bout de souffle ? Retenu par 4 capteurs, avec un poids de 8; il donne lieu à des appréciations partagées, unanimement négatives ( -1,50 ; -1,75).

 

« Une situation très préoccupante qui risque d’affecter les plus démunis ». Un commentaire relève les défaillances du système, autrefois « si charitable » : démissions, échec des recrutements : les contraintes d’horaires autrefois acceptées par dévouement sont insuffisamment rémunérées ; erreurs de gestion : numerus clausus, charge administrative (22% contre 12% en Allemagne), engorgement des urgences ; budgets insuffisants.  : la réforme passe par une réforme de la Sécurité sociale victime de fraudes. » Un autre suggère que « la gratuité des études de médecine soit compensée par un engagement de quelques années dans le service public comme à la sortie de Polytechnique ».

Un commentateur conclut plus largement à « l’absolue nécessité de dresser un état des lieux lucide de l’ensemble des services publics et d’établir des priorités dans les solutions à apporter aux faiblesses constatées. On ne peut pas fonder, dans quelque domaine que ce soit, une politique sur des missions Flash ! » Pour un autre également, « la crise du système de santé est de même nature que celle du service public. La doctrine de la rentabilité qui depuis des décennies préside aux décisions publiques est inadaptée et devient néfaste lorsqu’elle s’applique à des services qui par définition ne peuvent être rentables au sens de ce qu’entend le monde économique et financier…

Il y a donc atteinte majeure aux principes de la doctrine sociale de l’Eglise… Le redressement des services de santé doit être la priorité des décideurs publics »

 

6- Le retour de l’inflation, au risque de la stagflation ? : cité 4 fois avec un poids de 8.

Les réactions sont également négatives, (-1,00 en réalité et -1,25 en conséquences).

 

 Les commentaires évoquent la stagflation :  « Inflation +croissance faible =stagflation ». Un autre lui voit des causes « conjoncturelles (conséquences du Covid et de la guerre en Ukraine) mais d’autres sont structurelles (déficit budgétaire chronique, besoins d’investissement pour la protection de l’environnement, prix de l’énergie, retour aux productions locales après les excès du mondialisme…)… Après une longue période de stabilité monétaire, il va être difficile de se réadapter à la période d’inflation… Les gouvernements et les banques centrales sauront-ils la maîtriser, sans céder aux politiques extrémistes ? » Un autre note : « Pour le moment l’emploi n’est pas touché mais jusqu’à quand…Le risque d’appauvrissement économique et social n’est plus très loin » ou encore : « vivre en stagflation entraînera des désordres sociaux ». 

 

7- Le droit à l’avortement remis en cause aux États-Unis : Cet évènement a été cité 4 fois avec un poids de 6. Les appréciations sont mitigées, mais globalement négatives, en réalité  et en conséquences (-1,00).

 Pour un commentateur, « Cette remise en cause est largement stigmatisée en Europe et en France, comme étant une menace sur un droit acquis par les femmes… Mais on peut espérer que cela aura le mérite de faire réfléchir d’autres pays, avant d’y voir autorisé comme cela vient de se produire en France sans grand débat possible, un allongement du délai de recours à l'interruption volontaire de grossesse…sans tenir compte de la nette opposition de la CEF qui n’a guère été entendue. N’est-ce pas le funeste résultat d’un droit revendiqué comme « absolu » en France ? »

Un autre, médecin, rappelle que la loi Veil a dépénalisé l’avortement, sans en faire un droit, car à l’époque des jeunes femmes mouraient des complications des avortements clandestins : « On ne pouvait pas regarder cela avec indifférence ». Mais « les évolutions successives de la loi Veil lui donnent aujourd'hui un autre aspect… Ma position en tant que chrétien serait d'accepter la dépénalisation, mais de ne pas en faire un « droit ». Est-ce tenable juridiquement ? En tous cas, éviter que l'avortement soit un moyen contraceptif ! »

 

8- La logique des blocs remet en cause la mondialisation : Cité 4 fois avec un poids de 5 et une appréciation plutôt négative (-1,25 en réalité et -0,75 en conséquences).

 

 Un commentaire s’en tient « aux défauts de la mondialisation qui notamment conduit les pays en développement à importer des denrées peu chères au détriment de leur propre agriculture. Le pouvoir reste entre les mains de grandes firmes sans aucune régulation ! » Pour un autre, malgré ses défauts, « la mondialisation a apporté un développement économique à nombre de pays…La logique des blocs remettant totalement en cause ces échanges de biens et de savoir-faire va avoir un impact profond et durable sur l’économie de nombreux pays avec de sévères conséquences sociales ».

Un autre s’interroge : « Sommes-nous dans une logique de blocs qui remet en cause la mondialisation ? » D’une part la crise ukrainienne n’est pas le seul frein à la mondialisation, il y a aussi l’épidémie de covid et le réchauffement climatique. D’autre part le retour de la souveraineté remet à plat la logique d’un monde largement ouvert. « Pour autant, les grands problèmes que rencontre le monde d’aujourd’hui : risque de famines, difficultés d’approvisionnement de chaînes industrielles, …, mettent en évidence à quel point l’interconnexion du monde est désormais nécessaire…Je veux croire que nous vivons une crise de la mondialisation passagère et sans doute limitée, et que le fait que « tous nous avons besoin de tous » restera le fil rouge du développement économique de demain ».

 

9- Le réveil de l’OTAN laissera-t-il une place à la politique de défense européenne : a été cité également 1 fois avec un poids de 1 ; jugé comme positif en réalité et en conséquence (+1,00).

Un commentaire : « Jusqu’ici les européens ont compté sur les USA pour les protéger! J’espère qu’ils vont enfin sortir de leur passivité trop facile et construire une défense commune crédible? »

 

10- Les USA sont les premiers bénéficiaires du conflit Russo-Ukrainien : Cité 1 fois avec un poids de 1 et une appréciation négative (-1.00).

Un commentaire : « Espérons que le soutien fort des USA à l’Ukraine ne va pas les transformer en va-t-en guerre à la manière de Bush. La France a raison de tempérer les propos américains trop belliqueux ». 

 

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Catherine Robert  - François Malrieu

 

 

 
Dernière modification : 27/06/2022