
L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.
Santé mentale des cadres
Un cadre sur quatre connait une santé mentale dégradée, c’est-à-dire présente au moins un de ces signes : stress intense, déprime ou dépression, épuisement professionnel, irritabilité, ou anxiété. C’est ce qu’affirme l’Apec après l’enquête qu’elle a réalisée auprès d’un échantillon de 2000 salariés en juin 2025. Selon cette étude, les cadres sont à la fois soumis à des conditions de travail intenses et convaincus que leur statut social va de pair avec le dépassement de soi, et ils sont donc particulièrement sujets à un problème de santé mentale. Ceci en raison de la surcharge de travail, d’objectifs ambitieux, voire impossibles à atteindre, des dossiers emportés le week-end, de la connexion quasi permanente…
COP 30 décevante
La paléoclimatologue française Valérie Masson-Delmotte avait pronostiqué que la récente COP réunie au Brésil, dix ans après l’accord de Paris, serait un moment de vérité. Elle estime que cette rencontre de 194 pays à Belem a débouché sur un texte « peu ambitieux qui ne reflète pas le constat scientifique existant », et elle note cependant que le sujet de la désinformation climatique a été pris au sérieux. Elle déplore que la sortie des énergies fossiles ne figure pas dans les conclusions. Elle regrette aussi que le secteur économique des énergies fossiles, qui produit 90 % des émissions de CO 2, déploie une stratégie consistant tout à la fois à nier les faits, à retarder les efforts, et à faire des promesses de diversification qui ne sont pas suffisamment tenues.
Transparence des rémunérations
Une directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations sera transposée en France au plus tard en juin 2026. Ce texte a pour objet de renforcer la transparence des systèmes de rémunération, de permettre aux salariés et aux candidats d’accéder à des informations fiables, d’obliger les employeurs à justifier les écarts par des critères objectifs, et d’encourager l’esprit d’équité et de confiance au sein des entreprises. La législation française a précédé le droit européen sur différents aspects de ce sujet, mais elle doit néanmoins s’adapter. Ainsi par exemple, il sera interdit d’interroger un candidat à un poste sur la rémunération de ses postes précédents.
Société droguée
L’époque se gargarise volontiers de transparence tous azimuts, exception faite de quelques tabous. Au fait, qu’en est-il des consommateurs de drogue, un marché dont le chiffre d’affaires a parait-il triplé depuis 2010 ?!
Selon le précédent ministre de l’Intérieur, « fumer un joint c’est avoir du sang sur les mains ». Des propos largement approuvés par nos compatriotes, estime le président de la société d’études Odoxa. Et le procureur de la république de Grenoble disait récemment : « La consommation est un sujet que nous avons trop longtemps négligé. Ce sont les consommateurs, par leurs achats, qui constituent la force financière permettant aux narcotrafiquants de s’armer et de créer leur emprise sur des secteurs géographiques (…). La consommation est donc un levier majeur pour affaiblir les trafiquants. (…) Ceux-ci cherchent à installer une contre-société, avec une sorte de service public parallèle, et c’est en cela qu’on peut parler de dérives mafieuses ». Je remarque que ce terme contre-société est aussi utilisé par les observateurs les plus lucides de la mouvance islamiste pour caractériser ses menées.
Courage exceptionnel
Il existe des personnes qui forcent l’admiration par leur comportement. Je pense à ce militant marseillais dont le frère a été assassiné par des criminels de la drogue. Je pense aussi à cette élue républicaine qualifiée de traitre par Trump pour avoir voté en faveur de la publication de pièces de l’affaire Epstein, et qui lui a répliqué ainsi : « Le président Trump m’accuse de trahison ; je vais vous dire ce qu’est un traitre : c’est un Américain qui sert les intérêts d’un pays étranger et ses propres intérêts ».
Très hauts salaires
Les dernières études de l’Insee sur les très hauts salaires et sur le « Portrait social de la France » (novembre 2025) font apparaitre qu’en 2023, 1 % des salariés du privé sont rémunérés plus de 10 219 euros nets par mois. « Tout en haut de l’échelle, les sportifs professionnels représentent 36 % des 100 postes les mieux rémunérés. Entre 2003 et 2022, le revenu moyen des foyers à très hauts revenus a plus que doublé (+119%), ce qui représente une hausse 2,6 fois plus forte que pour le reste des foyers fiscaux (+46%). Le revenu annuel moyen des foyers à très hauts revenus est ainsi passé de 469 000 euros en 2003 à 1 million d'euros en 2022, soit une croissance annuelle moyenne de 4,7%. Cela signifie qu'alors que les très hauts revenus gagnaient 21 fois plus que les autres foyers en 2003, ils gagnaient 31 fois plus dix-neuf ans plus tard. »
« En 2024, le niveau de vie annuel moyen avant redistribution monétaire est de 9 090 euros pour les 20 % des personnes les plus modestes, contre 74 980 euros pour les 20 % des personnes les plus aisées, soit 8,3 fois plus. (…) La redistribution atténue ces inégalités : elle augmente de 55 % le niveau de vie moyen des 20 % des personnes les plus modestes et diminue de 22 % celui des 20 % les plus aisées. »
Laïcité et laïcisme
Le Conseil supérieur de l’éducation, une instance consultative, a voté en octobre dernier à une large majorité une demande de changer le nom des vacances de la Toussaint et de Noël, sous prétexte de défendre la laïcité ; démarche soutenue par la fédération de parents d’élèves FCPE, mais, heureusement, pas par le ministre. Le philosophe non croyant Luc Ferry s’est insurgé contre cette demande, qu’il juge absurde et révélatrice de l’incompréhension du vrai sens de la laïcité chez de nombreux syndicalistes et politiques, « qui la confondent avec un athéisme agressif. » Dans ce même contexte, le cardinal Aveline, président des évêques de France, a été conduit plus récemment à affirmer quant à lui qu’il « résiste au laïcisme ».
Coup de menton
Louis Sarkozy, le vibrionnant fils de l’ancien président de la République, brigue la mairie de Menton. Par ailleurs il se dit libertaire. Il préconise de supprimer les feux rouges, les lignes blanches et les panneaux de signalisation, pour améliorer la circulation routière. Est-ce pour se faire remarquer et amplifier sa stature ? Il a puisé cette idée chez le philosophe et agitateur d’idées Gaspard Koenig. Certes il existe des expérimentations de cette nature dans plusieurs villes à l’étranger, sans qu’on puisse à ce stade en tirer des conclusions claires et nettes.
Antoine Sebaux