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Observatoire Chrétien de l'Entreprise et de la Société

L'OCHRES exerce une mission d'observation des problèmes économiques et sociaux, particulièrement de ceux qui relèvent des interactions entre l'entreprise et la société.

 
 
 
 
 
 
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Actualités du trimestre

Deux ans après l’assassinat de Samuel Paty, sa sœur lui a rendu un vibrant hommage dans un discours  prononcé à la Sorbonne à l’invitation de l’association des professeurs d’histoire -géographie. Elle a reproché à un rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale  d’avoir écrit que son frère avait « froissé les élèves », alors même que, selon ladite inspection, deux élèves sur soixante se sont sentis offensés, c'est-à-dire d’avoir « fait passer pour majoritaire une réaction minoritaire, validant ainsi une campagne islamiste menée par des parents faussement indignés ». Elle aussi incité les « inverseurs de culpabilité » à s’intéresser aux activistes qui tentent de remettre en cause la loi de 2004 sur le port de signes religieux à l’école.

 

Alertes

Alors que la législation française, dans le sillage d’une directive européenne, s’est encore étoffée en 2022 sur les dispositifs de lancement d’alertes dans les entreprises, la Cour des comptes vient d’ouvrir  sur son site une plateforme de signalement des irrégularités ou dysfonctionnements constatés dans la gestion publique : elle vise de façon très large les « conduites ou situations contraires à l’intérêt général dont on a eu personnellement connaissance » ; le signalement sur ce site « doit avoir un  caractère sérieux et reposer sur des faits établis ». Qu’il est loin le temps où la CNIL, en 2005, avait faussement prétendu que toute dénonciation est par principe illégale !

Autre registre : en Italie, l’évêque chargé des abus  a vivement critiqué les épiscopats qui ont fait appel à une commission indépendante de type Ciase, « composée de laïcs qui ne connaissent rien à la vie de l’Eglise »….

 

Religions et résistance

Lors de sa  visite au pape et à la communauté Sant ‘Egidio, le chef de l’Etat a prononcé ces paroles : « Les religions et les responsables religieux ont un rôle de résistance face à la folie des temps. (…) Nous savons tous comment la religion orthodoxe est aujourd’hui manipulée par le pouvoir russe (..) et comment, dans certaines nations, l’islam est convoqué pour justifier des projets politiques de domination. »

Avec une netteté inédite sur le sujet, et en présence du grand imam de l’université Al Azhar du  Caire,  le pape a appelé l’islam à un examen de conscience lors de son voyage à Bahreïn. Et il lui a demandé des actes plus que des paroles : « Il ne suffit pas de dire qu’une religion est pacifique, il faut condamner et désigner les violents qui en abusent du nom (…). Il ne suffit pas d’accorder des permissions et de reconnaitre la liberté de culte, il faut atteindre la vraie liberté de religion. »

A propos de manifestations devant des lycées pour réclamer la liberté de porter des abayas, un professeur en réseau d’éducation prioritaire,  par ailleurs responsable de l’observatoire de l’éducation de la fondation Jean Jaurès, écrivait récemment : « Nombre de jeunes, dont des militants marqués à l’extrême gauche, sont dans une logique simpliste du « venez comme vous êtes ». Cette prétendue liberté, en réalité, revient à se soumettre à des recommandations religieuses qui font fi de l’intérêt général et témoigne d’une méconnaissance complète du sens de l’école de la république et de son rôle émancipateur (…). Le rigorisme islamique infiltre l’école ».

Un jeune homme entre dans une église pour se renseigner :

-« Je voudrais me marier à l’église, mais nous n’avons pas la même foi : elle est catholique, je suis musulman. Comment faire ?

-le mieux pour vous est de rencontrer un prêtre, il vous dira. Au fait, vous m’avez parlé de foi et pas de religion ?…

-oui, le mot religion est trop connoté, il peut inquiéter… et même évoquer un embrigadement…, le mot foi est plus neutre. »

Nous en sommes là : le mot religion peut faire peur, y compris à des croyants. Certes, cela a toujours existé plus ou moins, mais il y aurait matière à analyser ce que cela signifie aujourd’hui…

 

Dérèglements

Le père Guy Gilbert disait récemment à propos des jeunes rééduqués dans sa bergerie : « La première chose ici, c’est les règles : quand on arrive, on se couche à 21h30, on se lève à 8h et à 8h30 on est devant la porte de la ferme, sinon on est sanctionné. Et ça marche avec ces gamins qui n’ont jamais eu de cadre, bien souvent sans père, au milieu de divorces… »

Macron  a suscité un certain trouble en déclarant  qu’en cas d’attaque nucléaire russe contre l’Ukraine, la France ne riposterait  pas par l’arme nucléaire, car les « intérêts vitaux « de la France ne seraient pas en jeu. En témoigne par exemple cette question posée peu après au secrétaire général de l’OTAN : « la France a-t-elle sapé la dissuasion à l’Ouest ? » On peut supposer que ce sujet a été abordé avec son homologue américain lors de la visite du président français aux Etats-Unis. Par la suite, en estimant qu’il faudra donner à la Russie des garanties pour sa propre sécurité lorsqu’elle reviendra à la table des négociations, Macron a provoqué beaucoup d’irritation en Ukraine et en Europe de l’Est et a de nouveau brouillé les cartes aux yeux de nombreux observateurs.

 

Le jésuite Gaël Giraud, économiste et directeur de recherche au CNRS, a tenu des propos étonnants lors d’une interview :

« Macron est sous la coupe de David de Rotschild, il est son porte-flingue et exécute un programme dicté qui est la privatisation du monde et la destruction de l’Etat social. » La province jésuite d’Europe a condamné ces « propos outranciers », précisant que « les mots utilisés renvoient à des références antisémites qu’elle condamne fermement. L’urgence climatique et la dénonciation des excès du libéralisme économique ne sauraient justifier de tels propos ».

L’intéressé  s’est excusé en indiquant « qu’il n’ y a nul complot dans les faits que j’ai décrits, et qu’il existe des lieux de pouvoir qui poussent par idéologie à une politique  de privatisation  des actifs publics et de réduction des services publics . »

 

Habillement et laïcité

Dans une instruction d’octobre  aux préfets , le ministre de l’Intérieur  rappelle que certains vêtements comme les abayas et les qamis « constituent bien des vêtements religieux par destination dès lors que la finalité qui s’attache à leur port ne fait aucun doute et qu’elle est une tentative de contournement manifeste de la loi de 2004 (…).Les chefs d’établissements  sont donc fondés à prendre des sanctions contre les élèves à l’origine de tels comportements et à leur interdire l’accès à leur établissement ». Une position beaucoup plus nette et ferme, semble t-il,  que celle du ministre de l’Education.

 

Plusieurs syndicats ont critiqué le nom Saliège donné récemment à un nouveau collège public de Toulouse, et aussi la plaque explicative apposée à l’entrée de cet établissement : on y voit l’auteur de la célèbre lettre pastorale de 1942 qui condamnait l’antisémitisme, mais revêtu de sa tenue épiscopale... Les plaignants ont estimé prudent de saisir la cellule de veille Laïcité de  l’Education nationale.

Selon les chiffres publiés  par ce même  service peu avant la journée annuelle de sensibilisation contre le harcèlement scolaire,  les  signalements d’atteintes à la laïcité ont plus que doublé de septembre à octobre (720) 2022. Faudra t-il instituer une journée de sensibilisation contre le harcèlement islamiste ?

 

Une restauratrice a été condamnée par le tribunal de Bayonne à une forte amende et à un stage de citoyenneté « pour l’apprentissage des valeurs de la république », en raison d’une discrimination fondée sur la religion : elle avait exigé qu’une femme accompagnée de son fils  retire son voile avant d’entrer. Elle lui avait aussi reproché de s’habiller « comme à la préhistoire ».

 

Banques et banquise

Selon un savant calcul mis en avant par les fondateurs d’une banque qui se veut écologique, l’impact carbone de l’épargne moyenne d’un Français déposée dans une des grandes banques françaises équivaut, via sa contribution au financement de projets plus ou moins responsables,  à 90 m2 de banquise fondue.

A ce propos, BNP Paribas  a été mise en demeure par plusieurs organisations écologistes pour manquement à son devoir de vigilance sur l’impact environnemental  de projets pétroliers dont elle est partie prenante. C’est la première fois en France que cette nouvelle possibilité judiciaire est utilisée dans le secteur financier.

 

Antoine Sebaux

 

 
Dernière modification : 17/12/2022